ES
fauconnier, celui qui dresse et gouverne les oiseaux de proie.
Fig.
(En termes de manège): monter en fauconnier, monter à cheval du côté droit et du pied droit, comme les fauconniers, parce qu’ils portent l'oiseau sur le poing gauche,
vener, aller à la chasse: poursuivre à la chasse:
Por proie va sovent venant Quant le trovas tu vuit venant? !
Cest ung dangereux passetemps que de vener le porc senglier.” Fig. poursuivre, tourmenter:
Mais toy, Delie, en actes plus humains Mieux composee, et sans violents dardz, Tu venes coulx par tes chastes regardez, Qui tellement de ta chasse s’ennuyent.”
Remarque. Vener, dans la langue moderne, signifie, en parlant des animaux domestiques, «chasser, courre une bête pour en attendrir la chair»: vener un bœuf, un mouton. Le Sens de ce mot s’est donc notablement restreint.
oiseler, 1° chasser à l’oiseau:
Isnellement monte an un palefroi Tout belement s'en va lez un aunoi, Tout oisillant, si com par esbanoï.*
29 prendre (en parlant d’oiseaux):
1 RexcLus DE MoiLciENs, Miserere, CXXXII, 4, p. p. VAN HAMEL. ? PALSGRAVE, Éclaircissement, p.588 (Coll. de doc. inéd., Sér. 2, 1852). 3 M. Sckve, Délie, p. 26, éd. 1544.
4 Gaydon, 8671 (Anc. poëtes de la France, t. VIT).
Et savoient I chief berser Et une lohe bien useler.'
3° dresser un oiseau pour le vol:
Aussi le pourrez vouz [le faucon dit pelerin] oïseler et aduire pour les champs a l’oye sauvage, aux oustardes, aux olims, aux fausses perdrix, et a toutes manieres d'oiseaux de menu gibier.”
Fig.
1° Au premier des sens ci-dessus signalés se rattachent les expressions avoir bien, avoir mal oisele, pour «avoir réussi, n'avoir pas réussi dans une entreprise» :
Bien quidout aveir oisele,
Mais tot l’afaire est trestorneé.”
Par Dieu, Baudris, tu as mal oiselé, Car perdue as Biautris ou le vis cler.*
Cf. l’exemple suivant, où oiseler a plutôt le sens
de «s’ébattre», «se réjouir»:
Deables qui de joie oisele Quant voit les bones genz meffaire.°
2° Au second se rattache l’exemple:
Ne sai tele damisele Fors Rimel la gentille ki cors a treiturele Ki unc fors un en son eé ne oisele.‘
3° Au troisième:
J'oisellerois le vol des destinees Pour engluer la loy de mon bonheur.’
l Athis, ms. Arsénal 793, fo 69 (ap. GoDErRoY).
? FRANCHIERES, Fauconn., 1, 3, ms. Ars. 2710.
5 Benoît pe STe-More, Chroniques des Ducs de Normandie, II 16852, p. p. F. MicHeL 1836—44.
* Les Loh., ms. Ars. 3143, f0 44 (ap. GoDErroY).
5 Gautier DE CoiNcI, Miracles de la Ste Vierge, ms Soiss., fo 934,
$ Horn, 3306, p. p. F. Micnez 1845.
7 L. Le Canon, Poés., p. 25, éd. 1554.
oiselerie, chasse aux oiseaux.
Fig.
Et exerçoit ceste nouvelle sorte d’oiselerie, ow plus tost volerie inusitee, a la solde du president Liset.*
courir [courre]|, poursuivre le gibier à force de chiens, en s’efforçant de le prendre par la vitesse ou la fatigue: courir [courre] le cerf, le lièvre.
Fig. ,
Courir le même lièvre, prétendre à la même chose. Il ne faut pas courir deux lièvres à la fois, où Qui court deux lièvres n'en prend aucun. (Cf. Qui trop embrasse, mal étreint).
Courir la petite bête, prov. dédaigneux, qui se dit de ceux qui cherchent les menus détails d’un grand fait. (On dit aussi dans ce sens, chercher la petite bête). Cf. aussi des expressions telles que courir les honneurs, courir les bénéfices, etc.; l’idée de poursuite qu'elles impliquent, semble indiquer une origine cynégétique.
Quant à l’expression laisser courre, dont on trouve des exemples dès le XI° siècle,” elle avait, dans l’ancienne langue, entre autres le sens de «naviguer», qui est évidemment un sens figuré: je ne saurais d’ailleurs affirmer que cette expression ait quelque rapport avec la chasse. Par contre, l’exemple suivant, que je n’ai pu vérifier par moi-même, pourrait bien y avoir trait:
J'ai veu quelqu'un de mes intimes amis courre la mort à force...
1 JEAN CRESPIN, Hist. des martyrs, p. 514, éd. 1885. 2 Cf. Vie de saint Alexis, 19 et 192.
3 Cf. GoperroY, Complém., 8. v.
4 MoNTAIGNE, I, p. 800, éd. 1595.
huer, poursuivre en criant, pousser de grands cris pour faire lever et fuir le loup, pour effrayer le gibier et lui faire prendre une direction déterminée:
Et li veneres crie et huie." Fig. accueillir par des cris de dérision et d’improbation:
Fol vilain doit on huer Et si le doit on gaber.”
Cf, en fr. mod,: la pièce de cet auïeur fui sifflée et hucée.
huée, bruit que font les traqueurs, dans une battue, pour faire lever le loup et le faire aller vers le chasseur:
On parle des loups que l’on prend A laure
Fig. cris improbateurs que l’on fait entendre contre quelqu'un ou quelque chose: pousser des huées; accueillir quelqu'un par une longue huée, avec de grandes huces.
Remarque. On trouve aussi, à une époque relativement récente du vfr., huée — renommée: Sour tous des aultres le faisoit bien et en avoit le los et le huée li gentilz chevaliers, messires Gautiers de Mauni.*
battue, sorte de chasse dans laquelle des traqueurs ou rabatteurs font lever le gibier et cherchent à le rabattre vers les tireurs:
Faire une battue, battre le buisson pour faire lever le gibier.
l Roman du Renart, 22498, p. p. D.-M. MÉoN 1826. ? Romances et pastourelles, I, 48, p. p. Bartson 1870. 3 JoDELLE, Œuv. mesl., £° 277 v°, éd. 1583.
# FRoIssART, Chroniques, II, 153, p. p. S. LUCE 1870.
Fig.
Faire une battue, explorer un terrain (soit pour découvrir l'ennemi, soit pour arrêter des malfaiteurs, CEC.).
battre les buissons, les parcourir pour en faire Sortir le gibier.
Fig. chercher à glaner dans un domaine que d'autres ont déjà étudié:
Ceux qui auront le courage de recommencer, pourront s'amuser la seconde fois à battre les buissons."
Cf. cependant: I} y en a tant eu [des maistres de Camp] ef s’en faict tant tous les jours, que, par maniere de dire, \Ù n'y a guieres contrée en France que, si l'on en bal les buissons, on en verra sortir un maïstre de camp.”
buissonner, battre les buissons; environner de filets un buisson pour prendre les bêtes qui y sont retirées:
Comment on prend le cherf au buissonner . .
Fig. chercher querelle à:
L'ayant longuement chevalé, buissonné, et espionneé, luy donna par derriere un coup d’arquebuze.*
au poil et à la plume. On dit d’un chien qui est dressé à chasser, à arrêter toute sorte de gibier, comme lièvres, perdrix, etc.: ce chien est dressé au poil et à la plume, ou Simplement, ce chien est au poil et à la plume. En fauconn., cela se disait aussi d’un oiseau qui était dressé également pour le lièvre et pour la perdrix. Cf. ce chasseur tire également bien pou et plume.