RONSARD
Cf. DARMESTETER, op. cit., p. 97.
3 MonTAIGNE, L. II, p. 485, éd. 1595.
4 Moz., L’Avare, IV, 3.
5 BEAUMARCH, Barb. de Sér., I, 6.
Boss., Sermons.
trace.” En parlant du sanglier et de la loutre, on nomme {race l’empreinte que ces animaux laissent sur le sol:
Et il a pris le liemier Si a trové dedens son tor Trace d'un grant porc quartenor.”
Fig. exemple à suivre:
Desireux de suivre mon pere à la trace, je n’ay mis ny Mon esprit ny Ma plume en espargne, pour escrire des lettres sur le modele des siennes.
Cf. Suivre la trace de quelqu'un, etc.
voie, trace laissée dans le chemin par où la bête a passé: mettre les chiens sur la voie, sur les voies.
ÆEtre à bout de voie, se dit des chiens qui s’arrétent et ne trouvent plus la voie.
Meitre quelqu'un sur la voie, sur les voies, lui donner des indications propres à le faire parvenir à son but:
J’eus beau imaginer, je ne devinai point; \ me mit charitablement sur les voies.”
Être à bout de voie, avoir épuisé tous ses moyens de réussite.
Cf. remettre quelqu'un sur les voies, n'avoir ni vent ni voie d'une personne, perdre la voie, etc.
erre[s], synonyme de fraces, voies:
Mais ceux qui ont escrit de cest art, disent que traces et routes” sont des bestes mordantes, comme sangliers et ours: mais erres, des autres, comme cerfs,
1 Cf. H. ESTIENNE, op. cit., pp. 91 et 92.
? Partonopeus, 1830—32, p. p. G.-A. CRAPELET 1834. 3 J, PASQUIER, Lettres.
4 VoLT., Voyages de Scarmentado, éd. de Bâle 1792, t. 64, p. 146. 5 Sur l’emploi figuré de ce mot, voir LITTRÉ, 8. v. £. Nicolin. a
chevreuls et daims: encore qu'aucuns aiment mieux le nommer fries, ou pieds.” Fig. errements:
Je, reprenant les erres du propos Ou quelque temps laissay plume & repos...
esclos, empreintes des pas du sanglier, et, en général, traces, pistes:
Nicolete o le gent cors,
Por vos sui venus en bos, Je ne cac ne cerf ne porc, Mais por vos siu les esclos.*
Fig.
Poursuivre ses esclos, continuer son sujet, poursuivre sa matière:
Et je poursuivrai mes esclos Dou baceler: si di encore Qu'il ne doit amer vaine glore.*
contre-pied. En termes de vénerie, prendre le contre-pied d'un animal de chasse, c'est retourner du côté où la bête est venue en remontant sa voie, soit seul, soit avec le limier. On dit d'un chien qu’il prend le contre-pied, quand il suit la voie à rebours.
Fig. sens diamétralement opposé:
Les gens avaient pris justement Le contre-pied du testament.”
L H. ESTIENNE, Op. Cit., p. 92.
2 CRÉTIN, Chants roy., f° 111 v°, éd. 1527.
% Aucassin et Nicolete, p. 27, p. p. H. SuontEr 1878.
* BaupouiN DE Copé, li Contes dou Baceler, 198, p. p. À. SCHELER 1866—67.
5 LAFONTAINE, Z'abl., II, 20.
contre-ongle, le rebours du pied du cerf, c.-à.-d. le talon pris pour la pince. Prendre la bête à contreongle, prendre le talon pour la pince et par conséquent se tromper sur les allures du cerf.
Fig.
Un seul bastiment qu’il deffit prit le contr'ongle de sa reputation.'
trouver buisson creux, ne plus trouver dans l’enceinte la bête qu'on avait détournée.
Fig.
Trouver buisson creux, ne plus trouver la personne ou la chose qu’on était allé chercher.
bredouille. Un chasseur qui rentre le carnier vide, après une journée passée à la chasse, est bredouille où rentre bredouille.
Fig.
Être bredouille, rentrer bredouille, avoir échoué dans quelque entreprise assimilée à une chasse.
ameuter, mettre les chiens en meute, les assembler pour la chasse:
Je descouplay mes chiens et for-huant après, Les nommant par leur noms, ü n'y eut ny forès, Montagnes ny chemins, ny lande inhabitée, Qui ne fissent un bruit sous ma chasse amutée.” Fig. attrouper pour un but de désordre ou de sédition: Je ris de ces peuples avilis qui se laissant ameuier par des ligueurs . .
CF. s’ameuter:
Trois puissans fleaux de Dieu furent en mesme temps desploiez sur la France occidentale, car la famine et la peste s’ameutèrent à la guerre.”
1 D'AUBIGNÉ, Hist. univ.