LA CHANSON BRETONNE
commandait) il me semble que je lui obéirais comme à toi-même. La foi que j'ai en ton messager m'a rendu l'esprit, le bon sens, la raison, tout ce que tu m'avais pris en m'abandonnant ;
je suis guérie.
* Pour la chanson r puisqu'on n'a pas voulu m'en dispenser, j'ai essayé de me souvenir de celte que la chantais en filant et qui nous faisait toujours pleurer, tu sais bien :
Jeffik, Jeffik, ne ouz&c'h ked Pez ann cstik en ik«w laret.
« Dans toute rassemblée, il n'y avait qu'un auditeur qui pouvait me comprendre. Je tachais d'imiter la douceur et la lenteur de ta voix* J'ai bien vu que la chanson lui plaisait et lui rappelait le pays* Il m'en remercia le lendemain en présence de mon oncle Hermann; maitf alors j'ai été si troublée que je n'ai su rien lui répondre. Comme tu aurais gronde ton Héva! *
Nous avons trouvé dans le recueil de M. de la Vtllemarqué la traduction de cette vieille chanson qu'Héva chantait dans l'idiome breton avec
78 123 BXIftâKBS.
la mélodie originale ; nons en donnons les dernières strophes :
Jeffik, Jeffik tous ne savez pas ce que le roesignoladit:
c Voilà le mois de mai qui passe et les fleurs des haies avec lui* *
« Quand la pauvre fille entendit, elle mit ses mains en croix.
c — Je vais dire on Ave Maria en votre honneur, dame Marie.
« Pour qu'il plaise à Dieu votre fils d'avoir pitié de moi.
« Pour que j'aille sans tarder attendre mes compagnes dans le paradis.
* Sa prière était h peine* finie qu'elle pencha la tète. — Elle pencha la tète et puis ferma les yeux.
« En ee moment, cm entendit le rossignol qui chantait encore au Courtil :
« Heureuses les jeunes filles qui meurent au printemps.
c Heureuses les jeunes filles que Pon couvre de fleurs nouvelles. »