LANGE DC MALHEUR
En quittant le réformateur qui voulait brûler nos vignes, las deux amis n'allèrent paa plus loin. Ils revinrent sur leurs pas en s* entretenant du sujet de leurs études.
« Le malheur, disait Hermann, c'est que les meilleurs instincts, quand ils ne sont pas régîtes par la raison et le bon sens, peuvent produire un certain désordre dans les tètes faibles*
* Ainsi l'esprit religieux est la meilleure sauvegarde de la viemorale. C'est à lui que nous de-
vods la charité, l'amour, l'indulgence, la paix de la famille, mais si cet esprit se révèle par des démonstrations exagérées, par l'intolérance, par la critique de ceux qui sont moins avancés dans la foi, ou moins assidus dans la pratique du culte, il peut en résulter plus de scandale que de bien. Tel qui se croit bon chrétien a fait, par son ostentation, autant de mal à la vraie religion que les vaines déclamations d'un railleur. »
En devisant sur ce thème qui prête en effet à de nombreux commentaires, le docteur avait conduit son ami jusqu'aux premières maisons de
« Si vous ne craignez pas, lui dit -il, le tableau du malheur, entrez avec moi chez ces pauvres gens auxquels j'ai promis une visite; nous tâcherons de leur donner quelques consolations. Ils ont un enfant malade, mais d'après quelques signes observés hier, je prévois que nous trouverons du mieux. »
Hermann fit monter son ami dans une maison de triste apparence. Le petit appartement était tenu avec beaucoup de soin et de propreté; le père était absent pour ses travaux; la mère était