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UN PROVERBE EN DÉFAUT

sant, il me dirait peut-être que feuilles écrites ou feuilles tombées, c'est uu peu la même chose ! — mais il ne trouvait que du papier blanc, et enfin il découvrit la lettre commencée qui, par l'entremise du vent et de maître Thomas avait passé des mains d'Héva dans les mains d'un feuilletoniste ; or, on sait que les gens de ce métier n'ont pas fait vœu de discrétion à l'égal des confesseurs.

Roland ne se fit donc pas trop scrupule de lire cette petite écriture qui lui était inconnue ; mais il n'avait garde d'y rien comprendre. Cette fille qui brûle ses lettres avant de les envoyer à sa mère; cette belle Thomassine, ce parfum d'encens, cette porte du Paradis entr'ouverte ; il faut convenir que pour un lecteur qui n'avait pas ïa clef de cette correspondance étrange, c'était inin. telligible. Aussi, malgré sa prétention de deviner les énigmes, sa sagacité se trouva cette fois en défaut.

Cependant, selon la coutume de tout habile chroniqueur, il cherchait encore quel parti il pourrait tirer de ce fragment pour en faire une histoire, à l'exemple du grand Cuvier qui savait

un artiste qui veut vous ouvrir un chemin à travers les nuages; un homme d'ordre qui fait la police de la voie publique; un philanthrope qui veut supprimer les cabarets ; de braves gens qui croient converser avec les esprits ? voilà bien de quoi vous scandaliser ! Que diriez-vous si je vous avais révélé de plus tristes mystères ; vous voyez qu'il n'est pas sans danger» de sonder ces abîmes.

— Non, mon cher Hermann, je ne veux plus voir que de. belles choses; et pour détourner le cours de mes idées, je veux d'abord m'occuper d'affaires sérieuses; j'avais négligé tout cela. J'ai compté sur vous pour me mettre en rapport avec un banquier de confiance.

— Vous vous, adressez bien, mon ami ; je vais de ce pas chez l'homme que vous cherchez ; le banquier Nathan qui, sur ma recommandation, et sur des garanties suffisantes, vous donnera tout ce que vous voudrez en or, billets ou lingots. »

M. Nathan reçut les deux amis dans un cabinet digne d'un ministre. C'était dans l'exercice de ses fonctions un homme d'affaires d'une exac-

titude rigoureuse, minutieuse et exagérée jusqu'au ridicule. Après avoir reçu la proposition de Pornic, il fit venir le chef de ses bureaux, il lui expliqua avec une grande clarté l'opération dont il s'agissait.

Le commis se retirait et touchait presque la porte quand M. Nathan le rappela.

— « Monsieur, lui dit-il sérieusement, voulez-vous faire fortune dans ma maison ?

— Monsieur, dit humblement le commis intimidé, je ne puis avoir une telle prétention.

— Vous avez tort, monsieur, une noble ambition est permise. Je dirai même que c'est un devoir ; seulement il faut ramasser les bouts de ficelle. Je n'y ai jamais manqué. »

Et se baissant, M. Nathan ramassa la ficelle que le commis avait oubliée en dépliant un dossier et il la lui remit en grande cérémonie.

« Pardonnez -moi , messieurs , dit-il , mais je ne néglige jamais une occasion de donner une leçon d'économie. »

Pendant que les employés faisaient lés écritures, et que le caissier comptait l'argent, une conversation plus intime s'engagea, et M. Nathan

oubliant le rigorisme de l'homme d'affaires devint plus expansif.

« Cher docteur, dit- il, vous savez que Mme Nathan compte toujours sur vous demain soir? C'est une réunion familière, sans la mm- . dre cérémonie. Nous aurions bien désiré avoir votre aimable nièce; mais vous êtes inflexible. Vous devriez au moins nous amener votre ami, si M. Pornic veut bien y consentir; Mme Nathan serait heureuse de faire connaissance avec un cavalier si accompli.

— C'est le moment de saluer, dit Hermann; que dites-vous du compliment, cher Pornic î II me semble difficile de refuser une invitât»»

ainsi formulée.

— Vous serez en pays de connaissance, ajouta M. Nathan. Vous trouverez là notre ami Pierre Roland doQt vous parliez tout à l'heure. H vient ici faire des études de mœurs. »

Pornic accepta l'invitation et témoigna sa reconnaissance ; il était attiré par une certaine eu* riosité, et surtout par le plaisir de faire son entrée dans ce nouveau monde avec deux parrains tels que Roland et Hermann.

Il employa les deux journées qui lui restaient à la négociatioa d'une grande affaire pour laquelle il avait eu besoin de réaliser des valeurs. Le domaine dont l'habitation de Roland n'était qu'une annexe était à vendre* L'homme de lettres craignait d'être expulsé de ce nid de verdure par les nouveaux acquéreurs. Pornic qui était attiré dans le pays par tant de sympathies, trouvant de la part du possesseur de l'immeuble des conditions faciles résolut de faire en secret cette acquisition dont nous avons déjà parlé ; il aurait ainsi un pied en Bretagne et un pied en France. Tout cela se passa à l'amiable, et Pornic gardant son secret avait déjà dans son portefeuille les titres de propriété quand il se rendit le lendemain avec ses deux amis dans le brillant hôtel du banquier.

C'était, comme l'avait dit M. Nathan, une soirée intime et familière ; aussi il n'y avait pas plus d'une centaine de personnes, jeunes dandys, belles jeunes filles,, riches héritières, financiers parvenus, espaliers fleuris de mères parées et enrubannées.

Au seuil de ses salons, M. Nathan abdiquait l'autorité absolue qu'il exerçait dans ses bu-

reaux : il ne s'agissait plus là de ramasser les ficelles, mais bien d'approuver toutes les prodigalités, sans se permettre la moindre critique. Il n'était que le plus humble des comparses.

Mme Nathan qui n'avait pas renoncé aux dernières prétentions de la jeunesse et de la grâce était la souveraine ; mais au-dessus de cette souveraine il y avait une divinité; c'était Mlle Athénaïs Nathan, grande et belle fille, gâtée par sa mère, adulée de tout le monde et se donnant à plaisir l'air d'une folle.

Dans ces réunions intimes, la liberté était illimitée. Les jeunes gens s'y dédommageaient de la tenue que le monde impose, en se livrant à toute la familiarité d'un langage emprunté au vocabulaire des artistes et des prolétaires. Ces mots sont si loin du dictionnaire de l'Académie qu'il a fallu en publier un manuel à l'usage des simples d'esprit ; cela s'appelle le dictionnaire des excentriques ; Pornic aurait eu grand hesoifl d'en avoir un exemplaire dans sa poche, mais son ami Roland, initié à ces mystères, lui venait en aide.

C'était dans ces soirées sans façon, dans ce

petit comité d'une centaine d'amis intimes qu'on essayait, qu'on lançait les toilettes de l'avenir.

On y voyait ce jour-lk des robes tombantes et traînantes, à taille très-courte, illustrées de camées, de chouettes et d'hiéroglyphes.

Pour les bijoux, ces dames semblaient avoir pillé la collection Campana, le musée Égyptien et Carthaginois.

Dansles coiffures il y avait des bandelettes, des clochettes, des girouettes, des flèches, des giroflées d'or et des lis d'argent. Les chignons frisés, les boucles soyeuses et invraisemblables ruisselaient capricieusement sur le cou et sur les épaules nues.

Si les dames du brillant amphithéâtre qu'on nommait autrefois tapisserie avaient renoncé à la coiffure en cheveux, elles s'en dédommageaient par une exhibition de toques, de tricornes, de petits chapeaux ornés de marabouts, de plumes, de brindilles, avec camées, oiseaux empaillés, filigranes d'or et pierreries étincelantes.

Mme Nathan qui avait été prévenue par son mari, accueillit Pornic avec une affabilité particulière, et Mlle Athénaïs daigna lui. adresser un sourire d'encouragement.

Une surprise merveilleuse attendait Ponsic dans ce salon où tout devait l'étonner.

Peu de temps s'était passé depuis que Mme de Saint-Sever avait essayé avec peu de succès de fonder le club de k simplicité, et déjà elle s'avouait vaincue; elle était débordée par le luxe effréné et elle avait passé à l'ennemi.

Pornic pouvait à peine la reconnaître quand il la vit paraître en costume carthaginois, les cheveux, vrais ou faux, inondés de poudre rouge et garnis de plaques de cuivre percées à jour; sa longue robe rouge lamée d'or était fendue sarfe côté et laissait voir les larges aainqaiii de cuivre qui surmontaient ses brodequins, — - ses manches entr' ouvertes flottaient autour de ses longs bras nus quelque peu rouges.

« Comment se porte votre sainte Simplicité? lui demanda Roland.

— C'est vous qui l'avez tuée, cruel, dit la fefflnw de Carthage d'unairtragîque.... Vous avez devant vous ladirectrice du Miroir de Vénus, journal des modes de l'avenir.

— Dites plutôt du passé, dit Roland, eu regardant son costume archaïque, et peut-être bien

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son visage. ~- Permettez-moi de vous le dire, ajouta-t-il, je vous aime mieux ainsi qu'avec votre robe grise qui n'était pas à votre avantage. »

Gette adhésion incomplète était tout ce qu'il en fallait à Mme de Saint-Sever, qui tenait à être au mieux avec les puissances. Elle avait ton* jours à cœur le sourire qu'Héva avait laissé échapper en regardant sa coiffure du club de simpli* cité. Pour une fois, la pauvre enfant, elle était bien excusable; mais la vanité blessée, même la vanité de l'abnégation ne pardonne pas. La présence de Pornic chez le docteur lui faisait supposer que quelque sentiment pouvait naître entre les deux jeunes gens, etelle résolut de tenter une diversion.

« Chère madame, dit-elle à la maîtresse de la maison, vous ne savez pas que vous avez ici un prétendant de plus pour la belle Athénaïs; n'en dites rien, car c'est un secret, mais observez-le ; il est bien de sa personnne, aimable, jeune, riche et sans famille; notez ce dernier point. Tout cela est bien quelque chose — c'est un cadeau que je veux vous faire. »

Il n'en fallut pas davantage pour mettre en

campagne Mme Nathan, car on peut toujours voir.

Après quelques adroites évolutions, elle se trouva, comme par hasard, près de Pornic, le fit causer habilement, et crut apprendre de lui ce qu'elle voulait savoir sur son indépendance, sa fortune et son esprit. Tout cela paraissait de son goût, car elle regarda Athénaïs comme pour indiquer au jeune homme un point de mire.

Sa fille, à ce moment même, riait comme une évaporée avec deux ou trois jeunes messieurs.

« Vous devez trouver Athénaïs bien folle, lui dit-elle, vous, monsieur Pornic, qui paraissez si raisonnable.

— Madame, dit galamment Pornic, ma raison est ici en péril ; cette gaieté sied à ravir à mademoiselle voire fille, et donne à ses traits un charme irrésistible. ,

— Oui, répondit-elle, sa grâce, sa jeunesse, et si je n'étais sa mère, je dirais sa beauté, lui font tout pardonner. C'est un enfant, c'est une page blanche; c'est une cire molle qu'un jeune mari pourrait façonner à sa fantaisie. Figurezvous que nous ne lui avons pas même donné de

religion pour qu'elle soit avec son mari en parfaite communauté d'idées et de sentiments.

N'est-ce pas que c'est bien raisonnable?

—Je trouve cela admirable, dit Pornic; je n'avais pas Tidée d'une telle prudence.

— Mais elle n'y perdra rien, la chère petite. . . . elle n'aura rien à envier à ses compagnes qui sortent du couvent. Quand elle se mariera, nous aurons la plus belle cérémonie ; on payera ce qu'il faudra, des fleurs, des cierges, des tentures, des chants, des grandes orgues à réjouir tous les saints du paradis, et une allocution à faire pleurer l'auditoire. »

Pornic était véritablement consterné de ce travers dont les exemples ne sont pas rares. On voit des gens fort indifférents, du reste, à la haute signification des cérémonies religieuses, faire de la maison du bon Dieu leur salon de réception. Ils y étalent leurs vanités, leurs rivalités, leurs prétentions. Mais cet hommage tout superficiel rendu à la religion porte quelquefois des fruits, et les bénédictions du ciel tombent encore dans des cœurs surpris.

Le jeune Breton continuait ainsi dans ces sa-

Ions splendides ses études sur la démence parisienne. Il comprenait qu'iln'y avait pas à raisonner avec des idées si étranges, et comme il commençait à se former, il se donnait l'air ému et convaincu ; il était déjà du monde.

Tout ce qu'il voyait était nouveau pour lui, des proverbes improvisés, des jeux bruyants qui favorisent la familiarité, des chansons qui n'étaient pas d'un goût irréprochable. Tout cela est toléré par l'indulgence d'une maîtresse de maison qui tient à conserver sa clientèle et h ne pas laisser dégarnir ses salons par la concurrence d'une amie intime; mais encore faut-il pour un nouveau venu le temps de s'y faire.

Pornic était donc un peu scandalisé de ce laisser aller, et Roland s'amusait de sa surprise.

« Mon cher, lui dit-il en passant, rassurezvous, il n'y a aucun danger dans ces familiarités. Ces jeunes cœurs sont bien forts. Ne craignez pas que les grands parents aient à intervenir pour s'opposer aux entraînements, d'une passion naissante* La prudence et l'arithmétique sont à l'ordre du jour chez les plus naïves jeunes filles. Voici un charmant cavalier, un jeune homme au eceur

pur, plein de sentiment, de délicatesse et de talent — oui, mais a-t-il Toiture î demandent les demoiselles— non,.il est pauvre — c'est dommage.

Voyez cette ravissante jeune fille, instruite, modeste et sage ; 6a voix est aussi douce que ses yeux sont doux ; vous l'avez entendue.

— Oui, disent les jeunes gens, mais combien me donnez-vous pour l'épouser? — elle n'a rien — n'en parlons plus. — Aussi les mères sont tranquilles; les filles sont bien gardées.

Mme de Saint-Sever avait sans doute fait une belle propagande en faveur dû Pornic. Il fut circonvenu/ dans le cours de la soirée, par quelques tendres mères 1 qui faisaient poser, manoeuvrer et miroiter devant ses yeux les plus séduisantes apparitions.

Au milieu de la soirée, l'attention générale fut captivée par l'arrivée d'un petit jeune homme qui paraissait impatiemment attendu. Tout le monde s'empressa autour de lui ; les danseuses s'en emparèrent et le conduisirent en triomphe aux pieds de Mme Nathan.

Roland expliqua à son ami que ce personnage important était un petit employé de ministère

qui s'était fait une célébrité comme conducteur de cotillon. Il était le coryphée sans égal de cette ancienne danse qu'il rajeunissait par toutes sortes d'inventions extravagantes ; et la folle jeunesse suivait ses ordres comme des oracles.

À son commandement, les danseurs se prosternaient, prenaient des poses ridicules, se soumettaient à tous les exercices, formaient des processions et des cortèges, portaient des drapeaux, soufflaient dans des mirlitons, agitaient des castagnettes ; le tout finissait par la retraite aux flambeaux, avec accompagnement de crécelles et d'autres instruments bruyants et discordants ; et tous ces bruits allaient s'éteindre, et bientôt se ranimer dans la grande salle où le souper était servi.

Pornic ne pouvait s'empêcher de prendre pour des insensés tous les personnages qui venaient de défiler sous ses yeux, il protesta en se retirant; il avait entraîné Hermann, et les deux amis revenaient à pied par un beau temps.

« Quelle différence, mon cher Hermann ; dit Pornic, entre cette société extravagante et la charmante réunion dans laquelle vous avez bien

voulu me présenter lors de mon arrivée à Passy ; — ne me sera-t-il pas permis de cultiver ces agréables relations.

— Mon ami, dit Hermann, ceci doit amener entre nous une petite explication ; il est bien convenu que vous avez fini vos expériences; vous y renoncez? Je vous dois donc la vérité, je demande votre indulgence pour la confession que

'ai à vous faire.

— Quel début ! Qu'avez-vous donc à me révéler?

— Eh bien, m'y voici. Tout ce monde que j'ai fait passer sous vos yeux, chiromancien, spirite, aéronaute , agent voyer, philanthrope et tant d'autres : tous ces braves gens ne sont pas mes malades. Ce sont, sinon mes amis, du moins mes relations, mes connaissances ; — vous avez pris des travers, des manies, des ridicules pour des cas d'aliénation

— Nommez-les comme vous voudrez, je vous soutiens qu'ils sont.. . .

— Laissez- moi achever et vous aurez la mesure de votre pénétration. Je n'ai pas besoin de m'excuser de mon artifice, car je voulais vous

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guérir d'un penchant dangereux. Et, d'ailleurs, tous ne pouviez avoir encore une grande prétention à la science.

— Parlez donc, maître, vous êtea tout pardonné.

•— M'y voici. Voua voua souvenez de cettocharxoant». soirée où, vous ave* entendu de ai bonne musique, où on a joué la comédie, où tout le monde a été si convenable et si raisonnable.

—Vous allas peut-être me dire que oeux-là sont des fous? dit Pornic en riant.

— Vous l'avez dit, mon ami; cette maison d'aliénés que: vous désiriez tant connaître, vous l'avez vue ; on vous en a fait les honneurs. Vous avez pris tous ces fous pour des sages, et mes amis pour des insensés. »

A ce moment, les deu* interlocuteurs touchaient le seuil de la maison de Passy.

« Adieu , s'écria Pornic, ne me«ditea lien de plus ; je suis vaincu ; je retourne en Bretagne.

— Consolez- vous, mon ami, répondit Hennann en lui tendant la main, de plus habiles que vous s'y sont trompés. Que cela ne vous empêche pas de dormir et ù demain. »

ta DiVAAT.

Le lendemain, Ponde était sorti de bonne heure ; quand il rentra, il trouva la maison déserte. Une femme de chambre était occapée à faire charger des bagages sur une voiture. Il demanda des explications ; cette femme lui répondit que c'était le bagage de Mlle Hé va; die ne savait rien de plus. Il se mit à la recherche du docteur; il rentra de nouveau et il ne trouva personne; il ne pouvait se rendre compte de cet incident.

La journée était déjà avancée quand les deux amis se rencontrèrent. Hermann paraissait préoccupé ; bientôt il reprit sa sérénité pour faire bon accueil à son ami.

« Eh bien, cher Pornic, lui dit-il avec une gaieté affectée, êtes-vous consolé de votre déconvenue ? m'avez-vous pardonné?

— Je n'ai rien à vous pardonner, répondit amicalement Pornic ; vous m'avez appris à douter de ma pénétration ; mais j'ai un bien autre sujet de désappointement; vous ne m'aviez pas dit que Mlle Héva devait nous quitter si promptement.

— Je l'ignorais, dit Hermann avec quelqnes embarras ; ce départ a été improvisé.

— Ce n'est sans doute que pour quelques jours ?

— Je l'espère; je ne sais combien de temps durera son absence.

—Et comment supporterez- vous cette séparation? C'était pour vous une douce compagnie.

Elle était un peu silencieuse, mais sa figure était si reposante que c'était comme une lumière qui éclairait votre maison.

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