LE DÉPART
— Je n'étais pas content de sa santé, ou plutôt de sa manière d'être depuis quelques jours; surtout depuis un matin où nous l'avons trouvée presque évanouie sur la terrasse du jardin. J'ai pensé qu'un changement d'air et de lieu lui serait favorable, et elle-même m'a demandé à partir.
— Et pourquoi ne m'avoir pas prévenu ? ne suis-je pas votre ami ? U était si simple de nous quitter de bonne amitié! Tandis que maintenant je peux croire qu'elle est fâchée contre moi. Peut-être même ma présence la gênait ; peutêtre suis-je la cause involontaire de ce départ précipité.
— Vous ne pouvez le supposer, cher Pornic; il- me semble que vous viviez dans le meilleur accord.
— Non, cher Hermann, je ne puis occuper ici une place qui était la sienne ; je suis venu troubler la solitude dont elle avait besoin.
— Vous voilà tout ému pour bien peu de chose.
— Gela me touche plus que vous ne pensez, mon ami ; j'avais déjà formé quelques projets
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sur lesquels je devais vous consulter un jour ou Vautre.
— Voilà ce que je craignais, jeune imprudent ; aussi mon intention était d'éloigner Héva dès votre arrivée»
—Et pourquoi? n'avez-vous pas toute confiance dans ma discrétion ?
— Attendez, mon ami ; ai vous avez profité de la leçon que je vous ai donnée, ne vous hfttez pas ; Héva m'a toujours dit que son désir était de s'éloignerdumonde. Je la gardais près de mai peur la guérir et je dois lui hisser sa liberté. D'ailleurs elleest sans fortune ; et dans votre position, vous pouvez faire un brillant mariage- ; si vous allez un peu dans le monde, les occasions ne vous manqueront pas.
— Je m'en tiens à ce que j'ai vu ! Je vous ai dit ce que je pensais de ce monde; je voulais m'en reposer dans l'intimité de votre maison. Maintenant je suis résolu à m'ékrigner. Informez Mlle Héva que je suis parti, et qu'elle peut revenir en toute liberté. »
Pornic raconta alors à son ami, avec plus de détails, l'acquisition qu'il avait faite et ses projets