‹ Les extrêmes: légendeChapitre 8 sur 38 · UN VOYAGEUR · texte numérisé non relu

UN VOYAGEUR

Le brait d'une voiture qui s'arrêtait à la porte de la maison occupée par le docteur fut suivi d'un coup de sonnette, et la servante introduisit sans l'annoncer un jeune homme en habit de voyage.

Le jeune homme s'avança vers le docteur qui, préoccupé de son travail et de ses réflexions, n'avait rien entendu, et il posa doucement sa main sur l'épaule de son ami.

« Pornic! s'écria le docteur Hermann, en se

tournant de son côté ; est-ce bien vous, mon cher enfant?

— Moi-même, dit Pornic, en l'embrassant ; j'arrive du fond de ma province. Le chemin de fer invite les Bretons à venir fraterniser avec les Français.

— Yous êtes le bienvenu sons mon toit, cher ami; vous m'appartenez , vous êtes ici chez vous. Je ne vous rendrai jamais qu'une bien petite part de l'hospitalité généreuse que j'ai reçue dans votre famille quand j'étais sans appui. »

Le docteur dit à voix basse quelques mots à sa nièce, qui sortit pour faire préparer la chambre du voyageur.

Pornic ne l'avait pas remarquée, tant elle était silencieuse et étrangère à ce qui se passait autour d'elle. U la regarda avec une curiosité provoquée encore par la gracieuse coiffure qui lui rappelait son pays, et il la salua avec respect.

« Yous n'êtes donc plus seul, mon cher philosophe? demanda Pornic en souriant, quand Hé va fut sortie.

— C-est ma nièce, dit sérieusement le docteur; une pauvre orpheline qui, pour comble de

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