LES CHIENS ET LE VIEUX SOLUAT
Sur les traces d'un cerf dans la plaine lancée.
Détalait en jappant tine mente exercée.
Les sons bruyants du cor excitaient son ardeur,
Et d'une curée abondante
Flattant cette meute aboyante,
La voix perçante do piqueur.
Par maint éloge et par mainte promesse.
Des chiens impatients redoublait la vitesse :
« Bravo, Rongeot I bravo, Tayaut \
Aloi, Diane! àtoi, Gerfautl Le cerf est aux abois ; courage ! il faut le prendre ;
Pousse, Carlin ! pousse. Pataud I '
FABLE Vn. IS
Tous en aurez ; il râle, il est près de se rendre. >
Et les braves chiens de courir,
Et le pauvre cerf de frémir.
Bref, la meute triomphe et la bête est forcée. Sur le gazon sanglant la voilà terrassée;
Et soudain les beurenx limiers.
Sur la foi du piqueur attaquant cette proie.
Fondent, en glapissant et trépignant de joie,
Sur son échine et ses quartiers.
Mais, le fouet à la main, le piqueur se présente. 1 Tout beau, coquins! arrêtez, attendez! > Crie alors sa voix menaçante; Et sur les chiens affriandés Frappe à coups redoublés sa lanière sifflante. Les conquérants du cerf n'en auront un morctau Qu'après les longs ennuis d'une pénible attente. Ils se hâtent de fuir le fouet de leur bourreau, Et, contemplant de loin leur victime expirante. Le dos blessé, la gueule haletante.
Tirent la langue ou lèchent leur museau.
L'un des chiens, dont la patte, en ce combat meurtrie, A peine soutenait sa fuite appesantie,
Ed clopinant vint se réfugier Sous la jambe de bois d'un pauvre grenadier.
Qui, par hasard, témoin de cette scène.
Se reposair au pied d'un chêne :
> Viens, mon pauvre Tajaul, lui dit le vieux soldat; Nous avons fait tous deux un métier fort ingrat,
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On nous promet beaucoup, lorsque sons la mitraille
Il faut chaîner les eunemis.
J'ai laissé tomme toi ma patte à lu bataille, Et l'on a'a point tenu ce qu'on m'avait promis. La chasse a ses. plqueurs, la (jnerre a ses commis. Le gain n'est pas toujours pour celui qui travaille *.
FABLE Vm.