LA POULE ET L ALOUETTE
Dans un vallon chargé d'épis , Sous l'abri protecteur de la moisson flottante,
Une alouette prévoyante
Avait déposé ses petits.
Une poule, en ce lieu paissant à l'aventure, La rencontre au moment où , volant à leurs cris,
Le bec chargé de nourriture,
Elle regagnait son logis.
■ Heureuse mère, lui dit-elle.
Tu les réchaufies de ton aile; Tn jouis en repos des fils qui te sont diers ; Tu les nourris sans trouble ; et ta jeune famille, Avant que la moisson tombe sous la faucille,
Aura pris l'essor dans les airs.
Et moi , je cherche en vain où cacher ma couvée ; A peine ai-je pondu qu'elle m'est enlevée;
El l'avare fermier me prive chaiiue jour
Des trisles fruils de mon amour.
— Je ressens ta douleur amère,
Lui répond la fille des champs ;
Hab ne t'en prends qu'à toi , ma chère.
A peine as-tu connu le plaisir d'être mère , Que tu fais retentir les échos de les chants. Ton orgueil te décèle au fermier qui t'êpïe.
Ne cherchons point à faire envie.
Cachons notre bonheur pour en jouir longtemps. On le risque toujours quand on s'en glorifie. >
FABLE VU