‹ Les fables complètesChapitre 9 sur 110 · LA POULE ET L ALOUETTE · texte numérisé non relu

LA POULE ET L ALOUETTE

Dans un vallon chargé d'épis , Sous l'abri protecteur de la moisson flottante,

Une alouette prévoyante

Avait déposé ses petits.

Une poule, en ce lieu paissant à l'aventure, La rencontre au moment où , volant à leurs cris,

Le bec chargé de nourriture,

Elle regagnait son logis.

■ Heureuse mère, lui dit-elle.

Tu les réchaufies de ton aile; Tn jouis en repos des fils qui te sont diers ; Tu les nourris sans trouble ; et ta jeune famille, Avant que la moisson tombe sous la faucille,

Aura pris l'essor dans les airs.

Et moi , je cherche en vain où cacher ma couvée ; A peine ai-je pondu qu'elle m'est enlevée;

El l'avare fermier me prive chaiiue jour

Des trisles fruils de mon amour.

— Je ressens ta douleur amère,

Lui répond la fille des champs ;

Hab ne t'en prends qu'à toi , ma chère.

A peine as-tu connu le plaisir d'être mère , Que tu fais retentir les échos de les chants. Ton orgueil te décèle au fermier qui t'êpïe.

Ne cherchons point à faire envie.

Cachons notre bonheur pour en jouir longtemps. On le risque toujours quand on s'en glorifie. >

FABLE VU

Page 1