LE PAPILLON, L£ PINSON ET AVTIIBS BEI
Un pajùllon de nuit, dans sa course étourdie,
Sur la flamme d'osé bougie,
S'était dix fois précipité ; Et n'avait dû qu'à sa rapidité L'heur de n'y pas laisser ses ailes et sa vie. Ses amis en pensaient que, loin d'y revenir,
Mon étourdi devait frémir Au seul aspect de la moindre lumière.
Erreur, dès que te soir reparut le flambeau, Le papillon sur lui s'abattit de nouveau.
Mais cette fois fut la dernière.
TTd pinson qtii l'aimait, qui même fort souvent Lui prédisait ce fatal dénodment, Le retrouva dès l'aurore naissante,
An bas d'une fenêtre, où, brdlé, mutilé, Le pauvre diable avait roulé Sous le balai d'une servante.
Infortuné I disait mon pinson larmoyant.
FABLE VU
Il ne serait point là s'il eût voulu me croire.
Peut-on manquer ainsi de sens et de mémoire :
A peine avait-il dit, qu'un miroir flamboyant. Sur le tapis d'une verte prairie.
Vint tout à (!Oup lancer en tournoyant
Mille jets de lumière à sa vue éblouie.
Devant notre donneur d'avis A ce miroir fatal vingt oiseaux s'étaient pris,
Il l'oublie à son tour, il y vole avec joîe Et tandis qu'à ses chants répondent les échos.
Un filet tombe sur son dos:
Et l'oiseleur en fait sa proie.
■ C'est bien fait, on n'est pas plus fou que ce pinso".
Dit en ricanant nu mouton.
Qui paissait près de là sur un puits sans margelle. Mais je n'ai pas dessein de parcourir l'échelle De tous les animaux qui se mangent entre eux
Sur la planète de Cybèle.
Remonterai-je, hélas 1 jusqu'au plus vaniteux, A cet être si fier de sa vaste science.
De son esprit, de sa raison.
Je trouverai partout qu'il n'est pas de leçon
Plus vaine que l'expérience.
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LES DEUX AIGLONS ET LBDIt PÈRE.
Deux malheureux aiglons, qne de l'aire natale.
Suivant les mœurs de leur race royale.
Dès leurs plus jeunes ans leur père avait bannis,
Chez une orfraie hospitalière,
Avaient trouve bon gîte, bonne chère,
Et ce qui, dans renfance est bien d'un antre prix,
lies doux soins d'une tendre mère.
Devenus grands et forts dans ce séjour de paix, Ils avaient pour l'orfraie une tendresse vive;
Et de celte mère ado pli ve Leur respect, leur amour acquittaient les bienfaits,
Quand, poussé d'un royal caprice,
L'aigle dont ils étaient sortis.
Vint en souverain maître enjoindre à leur nourrice De déguerpir sur l'heure et chan^r de pays.
Mais grand fut son courroux, quand il vit Ses deux fib,
L'ceil enflammé, la tète menaçante.
Tout prêts à repousser cette attaque insolente, Et défendre le toit qui les avait nourris.
■ Retirez-vous, ingrats, s'écria sa colère.
Oseriez- vous, enfants dénaturés.
Au mépris des liens, des droits les plus sacrés.
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Combattre contre votre père :
— Tu ne l'es plus, répondent le» aiglons.
Si tu nous a donné U vie, C'est maintenaDt l'orfraie à qui nous la devons. Car, en nous bannissant tu nous l'avais ravie. L'orfraie est notre mère, et nous la défendrons. '
De ces défis un combat fut la suite; Et blessé par ses (ils le père prit la fuite,
En les chargeant de malédictions.
Mais le pure avait-il le droit de les maudire?
Les Cls étaient-ils criminels 1 Quel était leur devoir? qui pourrait me le dire? Et que prouoncerait le juge des mortels ?
Je crains également de blâmer et d'absoudre ;
Et plaindrais les infortunés.
Qui, par un mauvais père à' choisir condamnés, Auraient ce problème à résoudre.