‹ Les fables complètesChapitre 101 sur 110 · LE LBROT ET LA PARESSE · texte numérisé non relu

LE LBROT ET LA PARESSE

Tapi dans un vieux tunr, qu'une charmille épaisse De ses obscurs rameaux, recouvrait tout entier. Un lérot fort gourmand comme l'est son espèce, A travers ce rideau guettait ud espalier, Où pendait une pêche à la peau veloutée, Au duvet nuancé de pourpre et de carmin.

iz=rtNGoo«^lc

set UVRE X.

Qui promettait à sa bouche huniectéc Une chair succulente, un laTooreiix festin, c Je l'anrai, disait-il, j'en passerai l'eovie.

Dès qae le jonr éteindra son flambeau. > Mais le nnoment venu, quelques gouttes de ploie

Ayant chatonillé son museau, Il rentre dans son trou pour laisser couler l'eau.

La paresse le suit, lui dit : ■ Attends encore. Ta pèche ne s'en ira pas.

Aux preoùers rayons de l'aurore.

Demain matin lu la retrouveras. > Il la croît, il s'étend, il dort la nuit entière ; Et dès que l'aube a rouvert sa carrière; Vers l'espalier il accourt à grands pas.

désespoir 1 la pèche était partie.

Un maraudeur l'avait cueillie.

Et de son trou reprenant le chemin.

Triste, honteux, baissant et la queue et l'oreille.

Hou lérot vit trop tard comme le vieux Thébain,

Qu'il oe fallait jamais remettre su lendemain

Ce qu'on pouvait fair« la veille.

LB BOBtlP ET LA HODCBB.

Sur un pré fraît^nnent tondu, Un bœuf paissant à l'aventure.

Avait, sans j songer, posé son pied fourcha

Sur nn brin de fumier, où chei-(di2ient leur pâture

Des mouches de toute nature.

Un de ces Insectes volants Vit dans cet accident plus qu'une impertinence, Et vint au nez dn boeuf, en ces mots insolents,

Lui reprochw sa violence ;

' Grosse béte, sot animal !

Il ne veut pas que tout le monde vive.

Grand et fort, il se croit le droit d'être brutal,

Et d'opprimer une mouche chélive, — Ma foi, répond le bœuf, je ne tevojais pas. » Et de cette ennemie il fait trop peu de cas,

Pour chercher même à la connaître, Dn vent de ses naseaux la rejette à dix pas, Et sans plus de colère il se remet à paître.

La mouche s'en indigne et dans un champ voisin. Par une infecte odeur la cruelle attirée, Snr le corps d'une biche à moitié dévorée.

Va se goi^er, se gon&er de venin.

Alors vers le géant, qu'affronte son audace, ha baine la ramène, et lui montre la place Où le cuir moins épais est moins dur k percer ; Et déjà sous le dard qui vient de le blesser, Le bceuf mugit, bondit et dévore l'espace.

Mais que lui sert de fuir? le venin, la douleur Triomphent de sa force; un charbon se déclare.

iz^mnCoC^Ic

Legnoà, l« fort socconibe, et l'tDsecte Tainqueor Célèbre en bourdonnant sa veDgeance barbare.

Cest que l'orgueil blessé ne bail pas à demi, Que d'un tnûtre partout le bras pentnons atteindre. Il n'est point, en un mot, de petit ennemi :

Le plus faible es! toujours à craindre.

LB CHIElt ET hE CHAT.

Un chat, qu'en nn bosquet un chien avait surpris,

SesauTa de sa gueule en grimpant sur un chêne.

Et sur le tronc fourcha tranquillement assis,

Se mit à le railler, à gounnandersa haine.

c Jappe, jappe, brutal, dit-il an furieux

Qui, droit comme une quille, assis sur son derrière.

Le mufle en l'air et le front en arrière, Le menace des dents, le dévore des yeux, c FTas-tu pas de vergeté, insolente canaille. D'abuser de ta force et de ta haute taille, Pour t'attaquer à plus faible que toi?

Avais-tu, misérable, à te plaindre de moi ?

Tavais-je fait la moindre offense?

Uab tu naquis hai^neux, querelleur et méchant; Tu ne cherches qu'à mordre, et ton mauvais penchant N'a pas même pitié de la pauvre innocence I *

iz=rtNGooylt'

FABLE xn. :

Fendant que mon maton pérore et le maudit, Un cri se fait entendre au-dessus de sa tête. C'étaient des oisillons qui piaulaient dans leur nid,

Et dont la mère était en quêle

Pour contenter leur appétit.

Mon ébat a tout à coup oublié sa morale.

Vers les petits oiseaux il monte à petits pas. Et sans pitié les croque et les avale.

Bien des hommes, en pareil cas.

Ne vaudraient pas mieux que les cbats.

Faibles on malheureux, ils font les bonsapdtres. S'ib sont forts et puissants, ils font ce qui leur doit , La morale qu'on prêche aux autres N'est pas toujours celle qu'on suit. ■

FABLE XU.

Page 1