‹ Les fables complètesChapitre 99 sur 110 · U. PIB ST LE SANSONNET · texte numérisé non relu

U. PIB ST LE SANSONNET

Contre une margot sa voisine

Un sansonnet s'était battu; Et le combat fini, chacun dans sa tribu En avait raconté l'issue et l'origine.

Leurs récits différaient; chacun par vanité Avait plutôt cherché l'intérêt de sa gloire.

Que celui de la vérité.

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35n LIVRE X.

Et s'était, comme m pense, adjugé la victoire. Suivant le sansonoet, surpris au coin d'un bois, Assailli par le bec de deux méchantes pies.

Il avait triomphé par d'étonnants exploits

De ses perfides ennemies.

La pie allait disant qne par le fanfaron Forcée à s'escrimer du bec et de la griffe, Elle l'avait contraint à demander pardon ;

Et son récit était moins apocryphe.

Mais les sansonnets plus nombreux Ayant fait plus de bruit que le parti contraire.

Leurs chroniqueurs peu scrupuleux Avaient si bien tourné, paraphrasé l'affaire,

Que des aigles jusqu'aux pierrots.

Chez toute la gent emplumée.

Le sansonnet fut le héros.

Et qne la pie, hélas ! n'eut que la renommée

De la plus lâche des margots.

Cette histoire d'oiseaux ressemble à beaucoup d'antres. Je crains à la façon dont les divers partis Soir et matin nous racontent la nôtre.

Que les conteurs des temps jadis Aient un peu frelaté leurs merveilleux récits. Songez-y bien, de peur que mal ne vous arrive, Vous tons qui prétendes à l'immortalité.

Assurez-vous, avant l'éternité,

D'an Plntarque on d'un Tite-Live.

Un âne cheminait portant une fermière; 1,1 voyant dans un pré des moulons qui broutaient. Prés d'un riant bocage où des oiseaux chantaieDt, Enviait leur bonheur, et plai^^ail sa misère. Us sont joyeux, contents, disait-il à part soi, lis n'ont rien à porter et ne songent qu'i paître; Et moi, pour travailler le destin m'a Tait nutre. Le plaisir est pour eux, la fatigue pour moi.

Sa plainte finissait à peine.

Qu'au bahut d'un boucher deux dogues attelés, S'arrêtent devant lui sans force et sans baleine, Tombant sur le chemin de fatigue accablés, Et laissant panteler leur langue sur l'arène. Mon àne les regarde et passe en gémissant

Mais c'est bien pis quand il voit en avaitt Un cheval tout couvert de sueur et de boue, Qui vainement s'efforce à tirer d'un bourbier,

Un lourd tombereau de fumier, Et les grands coups de fonet dont son maître le rou«.

Mon âne à cet aspect, loin de se lamenter, De maudire son sort, s'y résigne et se loue De n'avoir pour son lot qu'une femme à porter.

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