LB VIEILLARD ET LE8 BENGALIS
Respectez vos parents, enfants, je vous le dis. Pour que le Ciel, un joor, vous donne de bons fils. Ayez pour votre père une vive tendresse; Et, lorsque par les ans ses cheveux sont blanchis. N'enviez pas les biens dont jouit sa vieillesse. Laissez faire le tempj, ne hâtez point ses pas ; Souhaitez plutàt qu'il difTere.
Sachez attendre, il ne l'oubliera pas.
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Tels n'étaient point les fils ingrate
Dont je dépeins le caractère.
r L'âge vous affaiblit, disaient-ils à leur père. Vos pas sont chancelante, vos braS sont énervés, Donnei-nous à chacun notre part d'héritage.
Nous prendrons soin de vous; vous aurez en partage Plus de vin, plus de blé, plus d'or que vous n'avez. »
he vieillard ressentit une douleur amère,
Hob par nn doux sourire il sut la déguiser.
c Tenez, dit-il, venez visiter ma volière,
En soignant mes oiseaux, nous pourrons en causeï*.
Voyec ces bengalis que le père et la mère.
En gazonillant de joie et tressaillant d'amour.
S'en viennent nourrir tour à tour.
Us vont prendre l'essor, si J'en crob leur plumage,
Et dès l'instant qu'ils l'auront pris,
J'enfermerai dans une cage
Ceux qui les ont si bien nourris.
Si les fils, à leur tour, avec le même zèle.
Rendent à leurs parents les soins qu'ils ont re^us.
Je me mets sous votre tutelle ; Et mn biens à l'instant vous seront dévolus. ■
Ce jour m^me, en efiîet, s'envola la nichée.
Et contre la volière ime cage attachée
A reçu les vieux bengalis.
Mais la volière en vain retentit de leurs cris ;
Mais deux jours entiers s'écoutèrent; Leurs enlants devant eux passèrent, repassèrent,
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FABLE XJU.
Sans leur porter un grain de chènevis :
Et, le troisième jour, la cage éiait muette.
Les vieux bengalis n'étaient plus.
Le vieillard triomphait, l'épreuve était complète. Et les fils demeuraient interdits et confus.
Hais rien n'avait changé la bonté paternelle. ■ Allcms, dit le vieillard, le dicer nous appelle. Votre couvert est mis et le sera toujours
A notre table héréditaire.
Mais jusqu'aux derniers de mes jours.
J'y garderai la place ou siégeait mon vieux père ; Et si vous m'en croyez, vous direz à vos Ûls
L'hi3toir« de mes bengalb. *