LE CHIEN DE BERGER ET LE HODTOH
Un gros chien de berger, gardien d'un beau troupeau. Avisant an mouton qui, sans croire mal faire. Loin de ses compagnons paissait aux bords de l'eau. Courut sur lui, les yeux enflammés de colère, Et d'un choc appuyé par un fort coup de dent.
Le culbuta dans le torrent.
Mais, soit que le remords succédât à la rage,
Soit ci-ainte d'un maître irrité,
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te Toilà lont il coup qui se jette A la nage, Ponr sauver le mouton par les flots emporté.
U l'atteint, le saisit, le soutient, rencourage;
Et le ramenanl au nrage, «Rends-moi grAce, dit-il, car sans moi, mon très-ther. Ce torrent furieux t'eût roulé vers la mer.
— Moi! juste ciell que je vous remercie!
Retond la pauvre béte en secouant son dos Et sa toisoD par l'onde appesantie,
11 n'est pas sûr que dans ces flots
Sans vous j'eusse perdu la vie.
Mais je sais, à n'eu pas douter.
Que vous eussieimieuxfait denepasm'y jeter,.,. ■•
Pour un mouton, ce n'était pas trop béte.
Qui répare ses torts fait une chose honnête.
L'honneur, quand on le peut, nous en fait un devoir; Hais il vaut mieux n'en point avoir.
l'oranger dkpouillb.
Sur les bords du Voltume et non loin de la plage. Oïl de son eau limpide il enrichit les mers, Un superbe oranger, depuis son premier Age, Montrait avec orgueil ses rameaux toujours verts,
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Et les fruits et les fleurs dont ils étaient ci Dont le parfum suave embaumait son ombrage.
Quand le plus rigoureux le plus froid des hivers Fit tout à coup jaunir et tomber son feuillage.
L'infortuné suivait avec douleur Ses feuilles par les vents dans les airs ballottées, Ou vers le gouffre amer par le fleuve emportées ; Et par ces mots plaintif déplorait son malheur :
■ C'en est fait, mon heure est venue. ■ Mon sort est accompli, je n'ai pins d'avenir. Mes rameanx pour jamais ont cessé de flenrir; Et de ma tige, bêlas 1 par la hache abattue Les tronçons dépecés, dispersés, profanés, Ed cent objets grossiers vont être façonnés ;
Et le passant, dont je charmais la vue, Oublira, quel opprobre! et l'ombre et la fraîcheur
Que prodiguait ma coupole touETae A son front baigné de sueur. »
Va zéphyr, dont l'aile légère Se jouait â travers son branchage effeuillé.
Répondit en ces mots à sa complainte amère :
c Pourquoi gémir ainsi ? l'hiver t'a dépouillé. Le printemps peut te rendre à ta splendem* première. Mais rien ne vient en aide à qui se désespère. > Le lépbyr disait vrai. Les regrets et les pleurs
Ne réparent point les malheurs.
Luttons contre le sort quand il nous est contraire.
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