‹ Les fables complètesChapitre 12 sur 110 · LION ET SES FAMILIERB · texte numérisé non relu

LION ET SES FAMILIERB

Un grand à nos dépens a:

Hab n'oubliez jamais qu'il veut être flatlé.

Craignez même, en jouanE, de blesser sa fierté;

Diniz-rt^GoOglt'

Évitez de le contredire; Et, s'il se vante à vous d'aimer la vérité,

Sachez ce qa'on gagne à la dire.

Un lion, rot d'Asie, avait pour confidents Un renard, vieux routier parmi les o Ainsi qu'un épagneul, pétri de bonhomie, Fidèle serviteur, n'aimant point à demi, Pour son maître cent fois prêt à risquer sa vie, Hais Batteur maladroit autant que bon ami.

Le lion les comblait de biens et de caresses, Mais sans raison, sans pitié, sans égard.

Sur eux à chaque instant lançait quelque brocard. Il élait né railleur : tout prince a ses faiblesses. Le renard soufErait tout, et de Sa Majesté Vantait l'esprit joyeux, ia gaîié débonnaire. Des traits les plus malins il était enchanté. Et plus on l'accablait, plus il semblait s'; plaire.

L'épagneul boudait, au contraire.

Ce passe-temps cruel et ce ton ricaneur Décelaient à ses jenx un méchant caractère; Ce travers aHligeait son amitié sévère.

Moins pour lui que pour son seigneur.

Nouveau Sully, souvent il montrait de l'humeur.

Et quelquefois de la colère.

Un soir, après souper, plus gai qu'à l'ordinaire : ■ Pourquoi, dit le lion, nous ^èner entre nous? Me connaissez- vous pas le cœur de votre maîtic.^

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Raïllea sur votre ami, le roi n'y veut pas être. Riez de mes défauts, aMnme je ris de vous. * Le crédule épagoenl se prit à ce langage, Et, soit pour se venger des brocards du lion.

Soit pour douDCr une leçon, Mêlant à tout propos son malin caquetage. Il usa largement de la permission.

Le lion fit d'abord très-bonne contenance; Mais il roula bientàt des yeux étincelaDts ; De sa queue agitée il fatigua ses flancs.

Et perdit enfin patience.

Lorsque sur un agneau, par sa mère égaré.

Et par le lioQ dévoré.

S'exerça du railleur la maligne imprudence.

■ Je sais donc un barbare, un horrible tyran! Le carnage et l'effroi régnent dans ma tanière! Dît-il en se levant et dressant sa crinière.

— Vons! sire, interrompit le renard o

Qui, jusque-là se tenant en arrière,

Se serait bien gardé de railler un sultan ;

Tous, un barbare! O ciel I Et qui pourrait le croire?

Tos sujets bénissent vos lois;

Tous êtes le meilleur des rois,

Et des lions votre règne est la gloire.

— Je le croyais du moins, reprit le potentat. Hais qui peut nous sauver des traits de la satire? Voyez comme il me traite, écoutez cet ingrat;

Je plaisante avec lui, sa langue me déchire.

i8 LIVRE I.

En tous lieux cependant il se dit mon ami.

Fiez-vous aux serments, croyez & l'apparence; Voilà ce que nous vjut l'excès de la clémence. Que m'aurait dit de plus mon pins grand ennem

L'épagneul veut répondre ; espérance frivole; Le roi d'un coup de dent lui coupe la parole; El, couvrant ses fureurs d'un voile d'équité,

A son orgueil sa vengeance l'immole, Et le renard encor célèbre sa bonté.

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