‹ Les fables complètesChapitre 14 sur 110 · LA RIVIÈBB ET LE · texte numérisé non relu

LA RIVIÈBB ET LE

Une rivière aux fertiles rivages Roulait ses flou d'azur a travers des vallons

Qu'embellissaient d'abondantes moissons , Et des prés verdoyants, et de liants bocages. Uq torrent, qui conipiail au rang de ses vassaux. Enfant impétueux des montagnes voisines.

Se plaignait que l'été vînt tarir ses canaux. Dessécher ses tristes collines; Et, languissant sur son lit de cailloux , Du fond de ses mares fétides Jetait sur la rivière et ses ondes limpides Un œil d'envie et de courroux ;

Quand soudain sur les monts éclate une tempête

Elincelant d'éclairs, ballotté par les vents,

Un immense nuage a crevé sur leur crête,

Et la pluie à grands flot5 s'épanche de ses flancs.

Mille et mille ruisseaux qu'elle alimente et creuse ,

Dans le lit du torrent à pleins bords inondé,

Roulent leur onde limoneuse.

Dans les champs ravagés lui-même a débordé !

Et dans sa course déréglée Emportant moissons et troupeaux , Souillant de son limon la riviùi'e troublée,

Page 1