‹ Les fables complètesChapitre 15 sur 110 · C.oo«^ le · texte numérisé non relu

C.oo«^ le

Dans la campagne désolée, Iji poasse, la refoule, et disperse ses eaux. « Arrière ! criail-il d'une voix meDaçante ; Je sois plus fort et plus puissant que toi.

Tu me dédaignais, imprudente; Te voilà soumise à ma loi. ■

Bfais la tourmente cesse, et, dissipant la nue, Le soleil rend aui cieux leur calme et leur beauté. La rivière, en son lit par degrés revenue.

Avec son cours reprend sa pureté.

< Qu'as-tu gagné dans cet orage?

Dit-elle au torrent apaisé.

Sortes bords, sur les miens, tu partas le ravage; Te voilà, comme avant, triste, pauvre, épuisé. J'ai sans doute mes jours d'erreur et de colère ; Hais aux champs désolés par mes débordements Je prête de mes eaux la fraîcheur salutaire.

Et leur rends leur richesse et leurs enchantements,

Tandis que tes déportements Ne laissent après eux que terreur et misère. »

De deux États divers ma fable est le tableau. Le fracas des torrents et leur fongue sauvage Offrent de loin un spectacle assez beau A qui n'est pas sur leur passage.

Un cours pins régoUer convient mieux à mes goûts ; Hais, en quelque pays que nons dressions nos tentes,

Dieu les préserve, comme nous, Des gens qui, pour grandir, ont besoin de tourmenKs!

LES PORTBAITS.

Dans UD salon vaste et doré Qne des portraits de ses ancêtres Un grand seigneur avait paré, Gros-Lacas attendait le réveil de s«s maîtres. C'était un fermier du bel air, PrédisaDt le froid et l'orage, Déchiffrant la gazette et le Petit-Albert, Suppléant au besoin l'adjoint, le magister.

Et chei le curé du village, Le dimanche, ayant son couvert ; Un marguillier, enfin un personnage.

Ffoire manant, grave et sîli Porte de bas en haut ses regards curiea3t

Sur le cercle qui l'environne, Et voit tous ces portraits qui le suivent des yei Il les salue, et d'abord il s'étonne, Puis se ravise ; et pois sa vanité Sur l'accueil qu'on lui fait argumente et • Je suis donc, se dit -il, estimé dans ces lieux Car ces dames et ces messieurs Sont occupés de ma personne. ■ Là -dessus, chapeau sous le bras.

Se rengorgeant, souffiant i pleine joue.

Et comme un paon faUant la roue, Le pauvre sot se promèue à grands pas.

Il croit bientàt qu'on le nomme tout bas; Et déjà même il entend qu'on le loue.

Que de gens moins grossiers, mais non m< Pensent que, pouruD bvre, un discours de tribune, Pour les talents cachés qu'ils admirent en eux,

Pour leur beauté, leur mise, leur fortune.

De l'univers entier ils attirent les yeux I On les voit en public étaler leurs figures.

Le bonheur de paraître éclate dans leurs traits,

Dans leurs regards, letu's gestes, leurs postures. Pauvres gens, faites moins de Trais!

Vous posez devant des peintures.

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