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LES CHAT8 EN SOCIETE DB COMMERCE

Grippe-Souris, chat de bonne maison,

S'étant acquis un beau renom De prud'homie et de délicatesse, Las de guetter et de chasser les rats.

Voulut vivre aux dépens des chats, Comme aujourd'hui, dans la vieille Lulèce, Maint charlatan, qui ne s'en vante pas.

Vit aux dépens de noire espèce.

-Coo^k

Î6 LIVBE I.

I) rassembla tous les chats de. l'endroit, Et prenant son air souple et sa voix pateline : ■ L'hiver, dît-il, sera long, rode et froid.

Nous sommes menaeés d'une grande famine ; L'almaDach l'a prédit j et, si l'on n'y pourvoit,

Nous ferons tous maigre cuisine..,.

Or, voici le projet par moD zèle enfanté :

Chacun de nous, pendant l'été, Ëpai^era sur sa pilance; Et dans un ^{renier d'abondance Ce superflu par chacun apporté Nous servira dans les Jours d'abstinence.

Un bon (gérant choisi par nous ï veillera dans l'intérêt de tous.

Un grenier fort commode est en ma jouissance ; « Et, s'il peut êtr<> à votre convenance , • Dès ce moment il est à vous, >

Les miaulements de l'assemblée Ont accueilli ce plan conservateur;

Et pour gérant et directeur,

L'inventeur est élu d'emblée.

Tout s'exécute franchement ; Du digne actionnaire on sait l'empressement.

L'un porte du lapin, l'autre de la poularde;

Qui du mouton , qui du perdreau, Et le gérant, fidèle à son bureau.

Prend tout, enferme tout, et met tout sous sa garde.

L'hiver enQo arrive, et le froid l'a suivi.

Pois la geliie et la dîseite.

L'almanach n'avait point menti :

Le hasard est souvent prophète; Et les associés, talonnés par la faim.

Viennent frapper au magasin.

C'est le même gérant, hélas! mais son langage

A changé comme son visage ; 11 lenr débite, an liea de rogatons,

Des sinistres, des avaries.

Des rats, des vers, et cent autres chansons.

La triste vérité se montre alors sans voile; La scène n'offre plus qu'un Fripon et des sols; Et pour toute ressource, il lenr reste les os.

Qu'il a sncés jusqu'à la moelle.

C'est ainsi, bonnes gens, que fondeni nos écus. Sous les doigts des jongleurs, dont l'histoir» maudite

Commence par un prospectus

Et finit par une faillite.

S'ils arrivent chez vous, leur sacoche à la main,

Fermex vos sacs à lenr approche;

Et, s'ils

Mette?. I

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FABLE XV

LB NID d'hIHONDELLES,

Possesseur d'an nid d'hirondelles

Un enfant gâté Veut leur donner la liberté.

Et les pauvres petits ont à peine des ailes.

° Soyes libres, dit-il; tout l'est dans l'univers, > Et la nichée est dans les airs.

Chaque oisillon, enchanté de Ini-méme, Encouragé par un premier essor, En essaye un second, et reprenant encor.

Fait, bêlas! naufrage au troisième.

L'nn s'écrase en lombant, un autre meurt de faim, L'autre est croqué par le chat du voisin j Tant qu'à la fin, de la couvée Aucune tête n'est sauvée.

Laissons faire le temps; tout arrive à son point, L'à-propos est nne science Que les hommes n'entendent point.

On perd son avenir par trop d'impatience.

Sur un pareil sujet je crains de trop parler;

TJd mot en dira plus que cent mille volumes : Les oiseaux sont faits pour voler, Hais alterniez qu'ils aient des plumes.

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LE VOTAGEDK ET SI. HOiVTBB.

Un enfant de Paris, tout lier de son berceau, Mais & courir le rnoode occupant son jeane âge.

Avant de se mettre en voyage, Avait réglé sa montre an cadran dn chftteau.

C'était un chef-d'œuvre impayable.

Un mouvement à nul autre pareil.

Qui, dans sa marche invariable,

Anrait défié le soleil,

I>ans Cologne d'abord rarin Jeune homme s'arrête. GrAce aux lettres qu'il porte, on l'accneille, on le fête,

On l'invite de toute part; Mais, à chaque dîner, rendez-vous ou rencontre,

En prenant l'heure de sa montre,

Il arrive toujours trop lard,

Donnant pour excuse étemelle Qu'il doit s'en rapporter à son bijou modèle.

Que les horlt^s du pays

Ont tort d'avancer sur Paris.

A Londres, c'est nne autre chance :

Les cadrans retardaient, il arrivait trop tôt,

Et, s'en excusant comme un sot, De sa mcmlre toujours il vantait l'excellence.

D,niz=rtNGoO«^lc

30 LIVRE i;

I Monsieur, Ini dît un vieux marin,

Sur le globe avant vous j'ai bien fait du chemin.

J'ui TU bien des pays, bien des moears en ma vie; Mais, sans prétendre y rien «changer.

Pour bien vivre avec l'étranger.

J'ai tâché d'oublier les mœurs de ma patrie.

Vous avez, diles-vous, on instrument parfait :

Je vous en félicite et ne vais fi l'encontre;

Mais sachez que toujours il faut régler sa montre Sur les cadrans du pays où l'on est. ■

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