‹ Les fables complètesChapitre 26 sur 110 · LE JABDIHIBB ET SOI* MAITRE · texte numérisé non relu

LE JABDIHIBB ET SOI* MAITRE

■ Que fais-tn là, Gros-Jean, sur ta bêche appay^? Disait an villageois qai soignait son parterre, Le maître d'nne grande terre; Voit le vient cet air ennuyé?

Qnel chagrin du travail peut ainsi te distraire t * — Ha foi, dit le valet, je songeais à part moi Qne voDs êtes bien riche et moi dans la misère; Et je me demandais pourquoi Dieu n'a pas fait la même loi Pour tous les fils de notre premier père.

— Ponrqnoi? répond le mdire. Eh ! mon pauvre Gros-Jean, Si des biens de ta terre a tons les fils d'Adam

Dieu faisait un égal partage, NbI n'aurait de quoi vivre; et maître ou serviteur, Tu verrais moins d'argent dans ton petit ménage,

Qae n'en rapporte ton labeur.

C'est qne dans la nature, et même en république, L'égalité parlaite est folle et chimérique;

C'est que jamais, sons le soleil,

Tlul être n'a vu son pareil.

Ti«is, regarde tons ces arbustes.

Qui doivent h tes soins, leur éclat, leur fraîcheur;

Grands, pedis, frêles ou robustes,

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Tout at eax est divers, le feuillage et la flenr.

De tes dogmes sur eux lente l'expérience.

Si, durant ce printemps, ta peux, par ta science,

Les soumettre au même niveau.

Je partage avec toi ma terre et mon cliâteau. k

Mon rustre affriandé s'ingénie et travaille.

Sa main ne quitte plus la règle et les ciseaux, Et, tourmentant ses pauvres arbrisseaux.

Le soir et le matin les taille et les retaille. Vain espoir ! vain labeur ! l'un en jets vignureux Lance de tons côtés une sève abondante ; L'antre pousse avec peine une feuille rampante

De son bois sec et raboteux.

La règle, quatre lois, a pdssé sur leurs têtes. Et, quatre fois, bravant sécateurs et serpettes.

Les plus robustes ont brisé Le [ûveau tyrannique à leur sève imposé.

Leur aspect chaque jouT et varie et difiere, L'nn va du haut en bas, l'autre de bas en haut. L'artiste a beau suer, c'est toujours à refaire. La nature l'emporte et l'art est en défaut; Et pour comble d' ennuis, après tant de bévues. Tant de nuits sans sommeil, de jours fastidieux, De travaux impuissants, d'illusions perdues, Le parterre n'en vaut pas miettx.

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FABLE XX

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