‹ Les fables complètesChapitre 27 sur 110 · LB POT FÊLÉ · texte numérisé non relu

LB POT FÊLÉ

Moins pourvu d'or que de MÎence, Un jeune clerc, petitement meablé.

Avait étourdirnent fêlé Son pot à l'eau de modeste faïence.

Le malhenr n'était pas entier; L'eau ne s'échappait pas à travers la fissure ;

Mais la moindre mésaventure Faisait frémir le futur bâtonnier.

n n'avait pas un son d'avance.

Et cette modique dépense Eût détraqué son budget d'écolier.

Éclairé par sa pénurie,

Il connaît enfin tout le prix ' Du meuble que son incurie

Avait failli mettre en débris, nie ménage alors avec un soin extrême; Il le prend à deux mains, hésite à le remplir, Le porte bellement et le pose de même;

A peine ose-t-il s'en servir.

Cest fort bien. En tout temps la prévoi^ance es! bonne ;

Mais, s'il eât pris un peu pins tôt

Le quart des peines qu'il se donne.

Il n'aurait pas fêlé son pot.

Te) est l'homme partout ; c'est ainsi qu'il eo use

Avec les biens que le ciel lui départ.

Quand rien ne les menace, il jouit, il abuse. Et parfois l'insensé livre tout au hasard.

Heureux quand sa prudence, à propos averUe, Peut réparer encor les tons de sa folie!

Mais, quand la raison parle, il est souvent trop tard.

LES EPAGTTBULS DE

Le sort avait fait, naître en un même logis

Deux ou trois épagnenis, le nombre n'y fait guère,

D'une même maitresse également chéris.

Mais jaloux l'un de l'auti^, et partant ennemis,

A la faveur la pins légère.

Quand pins alerte ou plus henrenx.

L'un d'eux s'était posé sur le satin moelleux Qui parait les genoux de leur belle maîtresse, A l'instant contre lui les autres se ligonient,

Se hérissaient, grommelaient, aboyaient.

D'injures, de brocards le barcelaient sans cesse, c Voyez donc, disaient-ils, son air et son maiatieD ;

Il n'a ni grâce, ni noblesse;

Le vil Qattenr, le vilain chien 1 Il fatigue madame, il la froisse, il la blesse. *

Le vainqueur du moment ne restait pas sans voix,

D,niz=rtNGoOylt'

Il se dressait, grognait, et, [tromplà la riposte,

Des griffes et des dénis il défendait son poste;

AuK cris des assaillants se inélaient 5«s abois;

Tant qu'à la fin, pour terminer la guerre,

La dame te jetait à terre.

Hais de son siège à peine avait-il déguerpi, Que, sans craindre son sort, d'un élan plus rapide. Un second épagneal s'y trouvait établi.

La place n'était jamais vide,

Ni le débat jamais fini.

Les acteurs seulement avaientchdngé de gamme.

Celait alors au favori déchu

D'injurier le nouveau parvenu, D'infliger an tenant le mépris et Udme, D'attaquer le giron qu'il avait défendu ; El la pauvre maîtresse, en tout sens tiraillée. Sous leurs griffes toujours laissait quelque lauibeau

De sa robe ou de son manteau.

Sa peau même parfois en était éraitlée.

Ha dame, c'est la royauté; Ses faveurs sont emplob, cordons ou gros salaires. Mes épagneuls, chacun s'en est donlé.

Sont nos coureurs de ministères.

TanlAt dessous, lantât dessus,

C'est la faveur ou la disgrâce Qni fait leurs sentiments et souvent leurs vertus,

Aboyés quand ils sont en place,

Aboyeurs quand ils n'y sont plus.

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