‹ Les fables complètesChapitre 48 sur 110 · VS COMBAT DE COQS · texte numérisé non relu

VS COMBAT DE COQS

Dans un de ces tournois si chers à l'Angleterre, TroU jeunes L'oqs, dont les argots Étaient armés de l'éperon de gnerre,

Poar trois grands parieurs combattaient en héros. Déjà sur la sanglante arène,

L'un des trois champions, mortellement blessé,

Était tombé sans force et presque sans haleine; Et de son sein par l'acier traversé, Présage d'une Gn prochaine,

Sortait im son plaintif avec effort poussé.

Enâammés d'un même courage.

Par les cris des joueurs excités, enhardis, Les deux autres luttaient ; et nul des deux partis Ne se flattait encor du plus faible avantage.

Leurs poitrails sanglants, déchirés, Se roidissaîenl, se heurtaient avec tage ; Et de leurs cous, sous leurs becs acérés,

Voltigeait l'éclatant plumage.

Bientôt l'un par l'autre embrassés,

De leurs ailerons enlacés.

Ils s'enveloppent, ils s'étreignent; Dans les Bancs l'un de l'autre en silence enfoncés. D'un sang épais et noir leurs éperons se teignent^

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ISt IJVRE IV.

Et, dans leurs tranquilles fureurs, Ils De présentent plus â la foule inquiète Qu'une masse de plume, immobile et muette, Que d'un œil stupéfait contemplent les joueurs.

Le Destin enfin se déckre :

Cette masse se meut, tressaille, se sépare ; L un des deux, combattants retombe inanimé; L'antre remne encor sa crête pantelante, Se roule, bat le sol de son aile mourante,

Et les juges l'ont proclamé.

II est vainqueur, mais il expire ; El son miùtre à l'instant s'emparant des enjeui.

Court, aus dépens des malheureux, Avec ses compagnons boire, fumer et rire.

A ce sanglant spectacle assistaient trois vieillards. L'un avait jusqu'au bout sontenu les Sinarts, Un autre de Croinwell défendu la bannière;

Le dernier, vieux parlemenuire.

Avait du roi Williams suivi les étendards.

' Ces trois coqs, dirent-ils, sont un peu notre image.

Divisés dès noire jeune dge, Nous avons combattu pour trois maîtres diveis ; Ils ont eu tour à tour des succès, des revers, Et tour à tour régné sur la vieille Angleterre. Que nous ont profité ces trente ans de combats ? Bien des nâtres sont morts ; on les a mis en terre Sans que l'heureux du jour ait pleuré lear trépas, Sans que rien de leur perte ait consolé leur mère. Et nous, qui survivrons peut-être à nos partis,

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Nos maîtres et leurs favoris Ont-ils jamais su qui nous sommes?

Est Inea fou qui se bat pour des querelles d'hommes.

Battons-DOus, s'il le faut, mais pour notre pays. »

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