‹ Les fables complètesChapitre 49 sur 110 · LB VAISSEAU BN PÉRIL · texte numérisé non relu

LB VAISSEAU BN PÉRIL

Un vaisseau, tourmenté par de longs ouragaus, Contre les aquilons et les 6ots mugissants Lutlait sur une mer d'écueils environnée; Et, plus fatale encor que les Qots et les vents, La Discorde en son sein rugissait déchaînée.

Son équipage mutiné Ke reconnaissait plus la voix du capitaine.

Il ne poavait régler la manœuvre incertaine Du malheureux navire aux vents abandonné.

Matelots, mousses et novices.

Tons veulent commander; nulae veut obéir; Chacun a son avis, son orgueil, ses caprices.

C'est un tapage à ne plus rien ouïr;

Et le vaisseau, dont l'ouragan se joue,

An sud, an nord, au couchant, au levant, Présentant tour à tour et la poupe et la proue, Va tantôt en arrière et tantôt en avant.

De ce désordre innocentes victimes,

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Les passagers en vain criaient aux disputears : • Mtmœavrez, sanvez-nons, suspendez vos foreurs; Ou celte mer terrible, en ses profonds aluroes, Mettra bientôt d'accnrd et vaincus et vainqueurs. > D'une frayeur trop juste inutile requête!

Livré sans fouvemaii au cboc des élémeais, Sur la pmnte d'un roc le navire se jette,

Et d'effroyables craquements

Répondent aux mugissemenls

Des vagues et de la tempête.

Ce malheur éteint-il la rage des partis!' Non, Don; de leur ruine ils s'accusent l'un l'autre; La dbpute redouble; on n'enKnd que ces cris :

■ C'est ta faute. — Non, c'est la vôtre.

— C'est vous. — C'est toi qui nous perdis.

— C'est la faule de tous, répond le capitaine^ Dont ta voix, libre enfin, domine les clameurs. C'est votre vanité qui fit tous nos malheurs. De vos divisions vous subissez la peine. > TJn dernier craquement retentit à ces mots.

Le pont s'était ouvert sous la vague en furie; Un dernier crî s'élève, et l'abîme des flots Se referme en grondant sur la nef englontie.

Je ne sais point sous quels climats ai sons quel nom naviguait ce navire ; Mais, vous qui me lisez, vous pourriez me le dire, Et. si vous m'en croyez, vous ne l'oublirez pas.

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