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LES DEUX TISONS

Aux deux coins d'un Toyer deux tisons rejetés S'éieignaient lentement l'un de l'autre écartés. Comme un léger duvet, leur cendre chaude encore

Les couvrait à peiue ; et sur eux Leur dernière étincelle, en zigzags lumineux.

Courait comme le météore

Sur la nue aux flancs caverneux.

Encor quelques instants, leur chaleur était morte, Quand nn chef de cuisine ou marmitou, n'importe, An centre du Toyer bout à bout les remit.

O contact merveilleux 1 leur chaleur ranimée Par des pétillements tout à coup se trahit.

Bientôt elle s'échappe en épaisse fumée.

L'étincelle éclate et jaillit ;

Et de leur flamme rallumée

Le foyer enfin resplendit.

FABLE XUI.

Tutenrs et mères de (aïoille,

VoDs aussi, maris ombrageux, Aqoi le ciel remit, comme un don [>ériUetix, La garde d'une femme ou d'une jeune fille , Songez que la nature, en je ne sais quel lien,

A mis en nons un certain feu ,

Qui ne pétille ni ne Eiinie, Qui ne produit ni cendre ni charbons.

Hais qni dure longtemps et qu'un r^ard allume.

Ne rapprochez pas les tisons.

FABLE XIU.

LES DEUX BLÉPHAHTS.

Deux éléphants d'un roi du Malabar,

Rivaux de faveur et de gloire ,

Dans une chasse au léopard, S'étaieBt si rudement disputé la victoire , Qu'à l'aspect l'un de l'autre enflanmiés de courroux , Ils dressaient, agitaient leurs trompes menaçantes. Leurs oreilles battaient sur leurs énormes cous. Le sol tremblait des honds de leurs masses pesantes. De leurs cris de vengeance ils troublaient le palais.

Se défiaient, s'attaquaient avec rage.

Comme faisaient jadis les Francs et les Anglais,

Singes de Rome et de Carthage.

Jamais chez le peuple éléphant ,

Peaple très-susueptible et irès--mtelli{;eDi, On n'avait vu de plus mauvaises têtes; Et vous savez que, chez toutes les bêtes.

L'orgueil monte toujours en raison du savoir.

De la fortune ou du pouvoir.

Las enfin de souffrir des ijaËrelles fatales.

Qui troublaient ses fêtes royales.

Le sultan décréta qu'ils n'auraient plus l'honneur

De chasser avec Sa Grandeur; Qu'exilés de* lambris et des anfjes dorées.

Dépouillés des harnais de sole et de brocart, Ed deni cahutes séparées, Les detix rivaux seraient mis à l'écart.

Qu'ils recevraient dans nne auge de pierre La pâture la plus grossière.

Et que dans un profond oubli Le nom de ces brouillons serait enseveli.

On leur dit d'ob venait cette dure sentence ; Kt la fierté d'abord soutint l'entêtement.

Ils firent le même serment De ne jamais pardonner leur offense.

Mais six grands mois de pénitence, L'ennui de ne rien être et de vivre oubliés Fléchirent par degrés leur folle résistance.

Ils se virent un jour sans trop d'inimitiés.

Le lendemain ensemble on les fit paître.

Un antre jour enfin, libres et gracies, A la chasse royale on les vit reparaître.

Heureux de r<

iz^mnCoOi^Ic

Et leurs palais de marbre el leure mangeoires d'or, Et les caresses de leur maître.

Le sileDce et l'oubli sont un art merveilleux ,

Pour corriger la sei[uelle importune

Des faquins et des vaniteux.

Maïs comment se dépiitrer d'eux.

S'ils ont la presse et la tribnne?

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