‹ Les fables complètesChapitre 61 sur 110 · LE CANETON GOULU · texte numérisé non relu

LE CANETON GOULU

Dans la champêtre solitude, Oii dans un doux loisir, embelli par l'élude, A l'ombi-e des bosquets que ma main a plantés.

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FABlÈ X. Ï13

S'écoulent sans ennui mes rapides étés, J'errais, cherchant peut-être une rime rebelle, Quaud an-devant de mni s'en vinrent en piaulant De jolis canetons au plumage éclatant.

Sollicitant du bec, du regard et de l'aile

Les croûtons ou miettes de pain,

Que sur mon repas du matin Je prélevais souvent pour leur faim éternelle.

Je m'étais pourvu cette fois

De leur pitance accontamée.

Et, pour la départir k leur troupe affamée,

Je l'émiettaia entre mes doigts, Qnand vu des plus gourmands se Tatiguant d'attendre. Se dressa sur ses pieds ; ei son bec allongé S'enfiiit en un clin d'œil triomphant et chargé D'un gros croûton qu'il venait de me prendre.

Les autres, satisfaits de leur modeste part.

En canards bien appris jusqu'au bout me restèrent, Et, me remerciant par un dernier regard, Dans le canal voisin gaîmeot se replongèrent; Tandis que mon goulu, ne pouvant avaler.

Contre sa proie encor luttait avec furie, El justement puni de sa gloutonnerie.

Avait fini par s'étrangler.

Cunt«)tez-vous de peu, dit la vieille sagesse. Et sur votre gosier réglez vos appétits.

Hais le monde est d'un autre avis ;

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Au risque d'étrangler, sa faim n'a point de cesse ; Et les plus gros morceaux sont toujours trop petits.

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