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LES TROIS MULETS

A travers les rochers de l'aride Murcie,

Troi» mulets vers la ville allaient de compagnie.

Les deux premiers, cbar^jés d'un lourd fardeaU) Ruisselants de sueur, perdaient souvent haleine, Quand sous l'ardent soleil ils grimpaient â graad'pdnE Aux degrés raboteux d'un rapide coieaa.

Ils se plaî{,>naient du temps, maudissaient leur détresseï Les aspérités du chemin.

Les rudes travaux, que sans cesse

Leur imposait la rigueur du destin.

Le troi^ème, dont rien ne gênait les allures,

M'ayant que son bât sur le dos, Blâmait ses compagnons, riait de leurs tortures; A leur paresse Imputait leurs murmures ;

Faisait le brave et le héros.

Mais en traversant un village.

Par un marchand forain chargé d'un lourd bagage, Il sentit à son tour le poids de la chaleur ; De la route et du temps il maudit la longueur, Pnussa contre le sort des plaintes plus amères

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Que ceux doatil raillait na^uères Et la Taligae et la douleor.

Nous sommes pea touchés des misères des autres ; UaJs, quand Tient notre tour de porter le fardeau. Il n'est point de malheur qui soit égal aux nôtres. Dieu nous a Tait le coeur moins tendre que la peau.

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