‹ Les fables complètesChapitre 64 sur 110 · LA CLOCHE DU VILLAGE VOISIN · texte numérisé non relu

LA CLOCHE DU VILLAGE VOISIN

■^Maudite cloche de guignon,

Finiras-tu ion carillon?

' Tu m'annonces toujours la tempête et la pluie. Tous mes blés verseront, mon malheur est certain; Fais, si tu veux, pleuvoir le mois prochain,

Quand ma moisson sera finie. »

Ainsi parlait d'un air marri.

Sur le marché d'un grand village.

Un gros fermier du voisinage.

Fendant que résonnait l'angélus du midi.

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FABLE Xni.

Un autre campagnard survient et se récrie :

• Que dis-tu là, Gros-Jean 7 c'est une calomnie. Celte cloche toujours annonce un temps serein. Lorsque de mou hameau je l'entends le matin, La contrée en est réjonie. »

L'autre veut repartir, et mes deux paysans

En viennent aux gros mots, aus défis, aux injures,

Aux gouriuades, aux meurtrissures.

Se déchirent enfin des griffes et des dents

Pour la pluie et pour le beau temps.

Qui des deux avait tort ? je ne sais trop qu'en dire. D'abord, ils faisaient mal tous deux de se pocher; Mais l'un d'eux demeurait à l'ouest du clocher; Et le son lui venait sur l'aile de Zéphire.

L'autre habitait au nord; et, quand il l'entendait.

C'est le mauvais vent qui soufflait.

Ce corollaire doit suffire.

En deux mots , leur opinion Venait de leur position; Et c'est ainsi iju'on juge en France Et du pouvoir et du prochain.

Dites-moi ce qu'est mon voisin ; Je vous dirai comment il pense.

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