‹ Les fables complètesChapitre 69 sur 110 · LE TRIBDN ET LE FOURMILIER · texte numérisé non relu

LE TRIBDN ET LE FOURMILIER

Un ttibnn de taverne, enjôleur- politique, Dans un moment de calme où chiSmait l'émeulier,

Chassait pour se désennuyer

Dans une forêt d'Amérique, Lorsqu'à ses yeux s'ofirit un fourmilier, Sur qui semblait peser un sommeil léthai^que. Étendu sur un tertre en dôme façonné.

Souterraine dté de termites peuplée, II restait immobile; et sa langue efSlée, Comme nn lambeau de chair à leur faim destiné, Était sans mouvement sur la terre étalée.

Ile toutes parts sur ce butin Se jetait des fourmis le pétulant essaim.

La tangue en un clin d'œil en est toute noircie ; Quand, par on mouvement aux termites fatal,

Elle rentre; et la compagnie

Comme en un gouffre est engloutie

Dans la gueule de l'animal.

• Pauvres bétes, disait, frottaol sou ceil humide,

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FABLE XVIIl.

Hou philanthrope larmoyant; Comment Dieu créa-t-il un être nassi pertide

Près d'un peuple aussi confiant? >

Pendant qu'il s'indigne et pérore,

La langue reparaît encore;

Et les fourmis de revenir,

Et mon tribun de disconrir.

■ A quoi sert donc rexpértence?

Quelle sotte et crédule engeance!

On la prendrait cent fois à ce piège grossier.

Les leçons lui sont iaatîles;

Et tout ce peaple d'imbéciles

Y périra jusqu'au dernier. ■

Eh! iribnn, mon ami, modère ta harangue.

Tu fais l'histoire de ta langue.

Et dn sot peuple qui se prend Aux discours qu'elle jette au vent.

Tq ne le croques point ; mais dis-moi, je te prie. Si mes fourmb ont un pire destin.

Vaincu, c'est la prison, la mort ou l'iaramie; Vainqueur, il va mourir de faim Dans la gueule de l'anarchie.

Mus tu seras préfet, ministre, ambassadeur, Consul pent-étre, et même dictateur.

Qu'importe après cela le sort de ta patrie?

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