LES KATB ET LES SERPENTS
O'uD hant et vieux donjon, qu'aux ravages du temps
Avaient abandoooé ses Dobles habitants,
Tout nu peuple de rats faisait sou domicile.
Le nombre eu était grand ; les animaux rougeurs
7{e soût pas de race stérile; El le sol d'alentour étant gras et fertile,
Mes rats vivaient en grands !<etgneurs.
Au pied de ce donjon étaient amoncelées
Que dominait jadis de ses tours crénelées Ce dernier monument du' féodal pouvoir; Et dans ce Taste amas de pierres écroulées, Sons la mousse et la ronce et les lieiTes rampants. Logeait un penpie de serpents.
Ceux-ci vers le donjon levaient souvent la télé ; F.t, forcés à regret de demeurer eu bas, Tandis quêteurs voisins galopaient jusqu'au f^ite. Ils enviaient le sort des rats.
D,niz=rtNGoOylt'
Le dépit, l'orgoeil et l'envie Poussent à la vengeance j et de la trahison Les serpents, comme on sait, possédant le génie,
Contre les botes dn donjon Une trame infernale en commun fut ourdie.
Sur le passage des voisins I^ plus un des serpents se mit en sentinelle;
El prenant des airs patelins, A force de bonjours et de regards câlins, S'unit avec les rats d'amitîé fraternelle.
« Chers frères, leur dit-il (c'était l'argot do jour;
Mais bien fou qui s'y laissait prendre), A quoi bon vous lasser à monter et descendre, Pour butiner ainsi dans les champs d'alentour, Tandis que, sans sortir de votre heureux séjour.
Vous raèneriei joyense vie?
Voyez- vous cette pierre en rosace arrondie, Au centre de la voûte? examinez-la bien.
Je tiens de mon aïeul, qui le tenait du sien, Qu'elle cache nn dépôt, un grenier d'abondance. Rongez-la, qu'elle tombe, etvouK ferez bombance.'
Donner nn tel avis, sans soupçon d'intérêt, A gens que sollicite une faim éternelle.
C'est jouer à coup sûr; et, comme l'espérait Le perfide inventeur de la bonne nouvelle.
Sur la clef de la voûte, en fourrageurs ardents. Tons mm rats à l'envi s'escrimèrent des dents; Et le peuple d'en bas applaudit à leur zèle,
D,niz=rtNGoi.)«^lc
Le travail fut long, mais ealÎD
Cent mâchoires de rats allant soir et madii,
Dessus, dessous, par devant, par derrière.
Eurent raison de la fatale pierre.
Elle tomba dans un jour d'ouragan.
Après elle, à grind bruit, vingt autres s'éboulèrent.
BattDs par la foudre et l'autan, Les murs avec les rats péle-mèle croulèrent; Et le donjon fut au niveau Des ruÎDes du vieux chAtean.
Vous jugez des serpents quelle fut l'allégresse.
De leur» repaires élancés.
Sur les rata fugitifs, tremblants et dispersés. Fondit de toutes parts leur fureur vengeresse. Il en périt fort peu ; mais plus ou moins blessés, Du lit qu'ils s'étaient fait ils furent tous chassés, lis contemplaient de loin cette ruine immense. L'un à l'antre en pleurant se jetaient leur démence;
Et les meilleurs se mirent à jurer Qu'au prix de tout leur sang ils voudraient réparer Ce grand désastre et leur folle imprudence; Quand un hibou, comme eux exilé de son nid.
Et comme eux regrettant son lit,
Arrêta son vol pour leur dire :
• Pleurez, messieurs les rats, repentez- vous, c'est bien; Mais les pleurs, les remords ne raccommodent rien.
Il valait mieux ne pas détruire. >
I^ LABIGItK KT LA PAROLE.
La laDgue d'un jeuDe orateur, Qu'emportait quelquefois une fougoe imprudente. Avait lancé dans an accès d'humeur
Une parole malsonnantè ; Etledécri public exdtant ses regrets.
Elle voulut courir après.
Hais elle eut beau bAter sa course et sa poursuite,
La parole courait plus vite.
Les échos du pays, par d'autres répétés,