‹ Les fables complètesChapitre 79 sur 110 · UVRE VD · texte numérisé non relu

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it d'abord par des rontes obliques.

Exaltant qui les sert et qui marche avec eux.

Malheur à qni recule, hésite ou les décèle!

Mais quand vient l'beare d'éclater.

Quand le tigre enfin se révèle,

Il n'est plus temps de l'arrêter.

FABLE XVU.

L^innUSTRIEL ET l' ARAIGNEE.

Certain industriel , quêteur de commandites, Qne ses inventions n'avaient point enrichi,

Qui, sous les barreaux de Clichj',

Expiait une ou deux railtites.

Dans son esprit aventureux Roulait encore une brillante affaire, Dont, suivant ses calculs, les produits merveilleux Devaienten moins d'un an réparer sa misère.

II en traçait le plan et le devis, Se donnait un caissier, des bureaux, des commis. Hôtel, cave et surtout cuisine bien soignée, Quand, tout en caressant le friiit de son cerveau,

Il aperçut une araignée.

Qui traçait dans un coin son merveilleux résean.

• Vient-elle me railler? se dit-il à Int-méme, Se moqner à inon nez de ma crédulité?

Et sa toile fragile est-elle donc l'emblènae

Du projet que j'ai m^dilé? > Et ses regards suivaient l'indu&lrieiix insecte. Qui travaillait sans bruit dans les airs suspendu, Et de ses fils légers, en habile architecte, De l'un à l'autre mur rattachait le tissu .

Sa tâche est enfin accomplie.

Et l'heureuse ouvrière en un trou s'est blottie, Veillant sur le filet que ses doigts ont tendu. < Elle admire son œuvre, et croit à sa durée ! Dit l'homme, et cependant, d'un coup de mon crayon. Je puis mettre en lambeaux sa toile déchira; Et n'est-ce pas la même illusion

Dont ma tête s'est enivrée? »

Au milieu des regrets que ce penser produit, Une mouche étourdie en bourdonnant arrive.

S'abat sur )e filet, et de son noir réduit L'araignéeâ grands pas fondant sur sa captive S'abreuve de son sang, la dévore et s'enfuit.

L'industriel éclate à cette bai'barie :

• Misérable, dit-il, c'est donc un guet-apens.

Un piège qu'à l'étourderie,

A la tourbe des ignorants,

Avait tendu ton industrie?

— Tes reproches sont ingénus, Réfdique l'araignée â mon faiseurd'affaires.

J'ai suivi ton exemple et ne fais rien de plus. Mouches et moucherons sont mes actionnaires,

Et mes filets tes prospectus. >

La leçon était bonae; à quoi semra~t-elle?

L'industriel reprend sa liberté.

Jette ses hameçons à la crédulité,

Fait sans profit mainte dupe nonyelle.

Et, sous les verrous de Clichy, Revient comme il était sorti.

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