S6 UVRE IX
£t me voyant nn manuscrit en main, t Gamin, dit-i), es-ta poëte? ■
Et moi, qui ne savais s'il les aimait ou non, S'il tenût pour Racine ou l'Eschyle breton, Moi, tont endolori de sa rude secousse.
J'hésitais à répondre et je fondEus en eau, Lorsque, me rassurant de sa voix la plus douce, Qn'auraît pourtant enviée an taureau,
U m'enleva comme un oiseau.
Entre son index et le pouce; Et me voilà posé, tout grelottant d'eSroi, Sur son épaule gauche, immense plateforme, Oil danseraient dix gamins comme moi,
A six pas de sa tête énorme.
• Écoute, poursuit-il, et calme ton chagrin, Je suis las de souffrir les crimes de la terre. Je vais faire justice à tout le genre humain; Et tu mettras en vers tout ce que je vais faire. * Il va donc dépeupler l'nn et l'antre hémisphère ; Me dîsais-je tout bas; et û de l'univers
Tous les pécheurs éprouvent sa colère, 11 n'en restera pins pour entendre mes vers.
Mais déjà mon géant s'était mis en campagne.
Il arpentait le glohe, et suivant son chemin, De vallon en vallon, de montagne en montagne, En moins d'une heure, il eut passé le Rhin, Pois le Danube, et pnis je ne sais quel empire,
D,niz=rtNGoOylt'
FABLE VUl. ;
Car il allait d'an si boa traio Qu'il laissait eu arrière et Borée et Zéphire, Et qu'à la fin da jour aoos étioDs à Pékin.
Il avait mis à bas ua millier de faussaires, D'escrocs iadostriels, de brocanteurs d'afFiùres, D'anoayoïes patrons, gorgés de pots de vîdi
Des fabricaats de fausses reaommées.
Des derviches iaquisiteurs.
Des charlatans de toutes les couleurs, Quaad aux bords de l'Iadas il surprit deux armées. Qui, par lears souverains au caroage animées, Par des torreats de sang signalaient leurs fureurs. Il empoigae as collet les rois qni les agacent; Et par ses rudes oiains l'un snr l'autre aplatis, Ils tombent ea lambeaux entre les deux partis. Qui les maudissent et s'embrassent.
Le leadeaiain, je ne sais où,
Nous rencontrons un peuple fou
Qui, sans nulle vertu civique,
Voulait se mettre en répnbtiqoe.
Il assomma les chefs des mécontents.
Sauva le roi que tous demandaient pour victime : Et ce peuple mouton, d'une voix unanime. Cria : vivent les rois et vivent les géants.
Dans un autre coin de la terre n vit un autre peuple accablé de misère.
Criblé d'impAts, mourant de faim.
HaudUsant d'iDili^jOies ministres, Qui, sans foi, sans podeur trompunt leur souverain. Changeaient en bruits flatteurs les bmils les plus dmstres, Faisaient un peuple heureux de ce peuple opprimé, Et d'an prince maudit un prince bien aimé.
Mon géant tend sa gaule, et par uae fenêtre, Étend ces imposteurs sous les pieds de leur maître.
Et dit à ce prince tremblanl :
Choies tnieox tes conseils ou je t'en fais autant
Je ne pouvais suffire à raconter sa gloire ; Quand mon Gargantua vers Paris revenant.
S'en alla trébucher contre l'Observatoire, Et par le contre-coup de ce choc trop subit,
Lancé brusquement dans l'espace, Près d'aller me broyer contre le Val-de-Grâce,
Je me retrouvai dans mon lit.
Hélas ! je n'avais fait qu'un songe.
Le monde allait comme devant,
Et la réalité souvent
Ne vaut pas un heureux mensonge.
Car enfin si le c
Pour la paix et pour le bonheur
Des êtres dont il est le père.
De ces grands justiciers avait doté la terre, Nous n'aurions eu ni Néron ni Tibère, Ni rôtbsears de juifs, ni brûleurs de chrétiens,
Ni Borgia, ni Robespierre, Ni Pizarre, ni Turcs et tant d'autres vauriens,
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Dont les hommes souvent ne peuvent se défaire Qu'en bonleversant les États; Et deux ou trois Gargantuas Auraient mieux fait que le tonnerre,
Qui toujours les menace et ne les frappe pas.
Bhus le creux d'un rocher vivait seul un hibou, Qni, trouyant son bonheur dans cette solitude.
Exempt de soins, d'inquiétude.
Tant que durait le jour demeurait dans son trou, n en sortait la nuit pour chercher sa pAlure,
Pour voir l'objet de son amour.
Car, philosophe on non, aucune créature Ne saurait s'affranchir des lois de la nature; Et tas de visiter tous les monts d'alentour,
Dès que l'aurore annonçait son retour.
Il revenait en paix dans sa retraite obscure.
Cependant les bouvreuils, les merles, les pinsons, Tous les oiseaux du voisinage
L'accablaient de lauis, de brocards, de lardons. Dès le matin commençaient leur ramage; Et jnsqu'à l'heure du coucher
Voltigeaient en piaulant autonr de son rocher.
Mon hibou s'ennuya de ce bruyant tapage.
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Ud soir qoe le soleil, voilé d'un gros nuage, Dérobait aux mortels ses dernières clartés.
Il sortit avant l'heure, et fondant avec rage
Sur ces braillards ÉponvaBtés, Il s'escrima si bien et du bec et des serres.
Que ses importuns adversaires.
Déchirés, déplumés, fuyaient de tous c6tés.
Un aigle, vers ces monta passa par aventure; Et comme roi des airs s'enquit des querelleurs Quels étaient de ce bruit la cause et les auteurs j Le hibou loi conta sa vie et ses injures.
Mais les petits oiseaux, pour étouffer sa vois. Babillaient, gazonillaieilt, sifflaient tous à la fols. Le traitant de vilain, de sauvage, d'avare De misanthrope, de barbare.
■ Qn'il soit ce qu'il voudra, dit notre Salomou; Quand un être est heureux, s'il ne nuit à personne.
De son bonheur qu'importe la raison :
Que sa vie après tout soit gaie 01 I^ssez-le vivre k sa façon.
ET LA CnVBTTH.
Une cuvetle bien polie Reluisante comme un r
Par UD élroit chemin allait de compagnie Avec un TÎeux chaudron, qu'avait rendu tout noir
Une épaisse couche de suie ;
Le sentier était raboteux.
Il s'ensuivit des chocs bien dangereux.
Si bien que la cuvette, après maint abordage
De son compagnon de v.ojage,
Revint enfin à la maison
Aussi noire que le chaudron.
Un cri d'horreur salua s;i rentra, On la fuyait comme pestirérée, Et quand elle en sut la raison, Ma pauvre voyageuse en fut désespérée.
Vivez entre vous, gens de bien.
A des contacts impurs malheur à qui s'expose. Les purs y perdent quelque chose; Et les véreux n'y gagnent rien.
Une jeune beauté, dont j'ignore le nom.
Et la famille et la patrie, Que pourtant je suppose avoir reçu la vie,
Entre Boul<^e et Charenton, Avuit pris pour ami, d'autres disaient pour frère,
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