LE CHÊNE ET LE ROSEAU (I
Même sujet dans le 8'^ apologue de Laurent Valla, intitulé dans la traduction de Guillaume Tardif :
D'ung Roseau de marais et d'un Olivier
Certain procès et desbat se meut entre le Roseau et l'Olivier pour raison de certaine controversie qu'ilz avoient sur certaine disputation de leur constance, force et firmité.
L'olivier increpoit le Roseau et luy disoit pour injure et opprobre que de constance, force ne vertu, n'avoit-il point, pour ce qu'il vacilloit et plioit a tous vens. Ledict Roseau ne respondoitrien,ainsenduroit ledict a opprobre j^aciemment jusques certain temps. Advint un jour assés tost après les dites injures, qu'il se sourdit un grant et merveilleux vent, par l'impulsion et véhémence duquel ledit Roseau fat agité et meu d'une part et d'autre sans ce touttefois qu'il fust en rien dommaigé,ainsretournoit toujours en ung estât. Mais ledit Olivier qui les paroles etopprobres avoit improperésau dict Roseau, ne peut résister a la violence et impétuosité du dict vent, qui tout le froissa et rompit.
{Apol. de Laurent Vrf Ha. 163, édit. Marchessou.)