V. 89. — Il sort de table; et la cohorte
N'en perd pas un seul coup de dent.
Bonaventure Des Périers s'était servi de cette locution : « Ils luy demandèrent de quel païs il estoit, et a qui il appartenoit, et leur rendit response tout de mesme, sans qitil perdit an seul coup de dent . »
(Nouv. GV, bibl. elz.)
18 LES KABLES
l'homme entre DET'X AGES ET SES DEUX MAITRESSES (I. 17).
Un vieillard fut qui grisonnoit Amoureux de deux concubines, Toutes deux mauvaises et fines, Auxquelles il s'abandonnoit.
L'une vieille, l'autre jeunette :
L'une faulse, l'autre saffrette.
Quand la jeune le peut tenir Oste le poil blanc qui la fasche :
La vieille tout le noir arrache, Kt le force à chauve devenir.
(Baïf, Miities. IL 203, Blanchemain.)
Cette fable a inspiré à Bernardin de Saint- Pierre une réflexion assez piquante : « De nos jours, ne voyons-nous pas comme chaque parti détruit la réputation et les opinions du parti qui lui est opposé ?Le genre humain est, entre la religion et la philosophie, comme le vieillard de la fable entre deux maîtresses de difterents âges. Toutes deux voulaient le coifTer à leur mode ; la plus jeune lui enlevait les cheveux blancs qui lui déplaisaient ; la vieille, par une raison contraire, lui ôtait les cheveux noirs : elles finirent par lui peler la tête. » {Études de la nature,W\^.)
l)K LA KUM'AINK 19
LE COO KT LA l'KHLK (I, '^(Tl.
L'en ne doit pas donner aux ponrciaus pierres précieuses, ({ui aynient l'ordure; etqui dit etensein- \ine aux fous sapience, il donne aux pourciaus pierl'es précieuses : quar li foux si semble le coc qui treuve le safir, si le sent dur et n'i peut mordre, et ne le ])eut user, si ameroit mieux avoir trouvé un pois l)ourri ou un grain de blé que le bon safir gros, qui vaut grant avoir. Aussi li foux ameroit mieux un froinaige ou un foui dit ou un mouquois que un sens ne que une sapience. {Le livre des secrets auœphilosophes, Hist. litt. de la France, T. XXX, 574.)
Le coke trova un anel de or au limer: « Que est ceo » ? fet-il, « qe facez tu ci ? ne t'ey quis ne t'ey désiré : meux vodreie trover une grein de furment ([ue tey et tieux cent. »
L'auteur de cette fcil)le en tire une morale qui surprend d'a])ord, mais qui, à la rétlexion est assez ingénieuse.
« Auxint grieve plnsours plus une court sermon <|e vn jour en la simeigne de estre en labour e en corporel aftliccion. Pur ceo, dit l'Escripture: (Jnant Dieu pleot de ciel celé douce pouture que mannafust apellée,les fitz de Israël touz de ceo furent saciez, etdiseient qe meux vodreient estre en Egipte od porivis e oignons qe illeoqes demorir od celé douce viaunde. »
(Nicole Bozon. contes moi'allsrs. 41. A. T.)