LES ANIMAUX MALADES DE LA PESTE (VII, I
Un conte de Nicole. Bo/oii a l'adresse des mauvais prélats qui « affligunt subditos humiles et parcunt astutis et versutis » a quelque ressembla!ice, par certains détails^ à la fable de La Fontaine.
Le lion mande à sa cour, le loup le renard et l'âne. Que fais-tu, toi, dit-il au loup ? — Sire, parce que j'ai mangé unebrebis, je suis appelé devant vous. — Va-t-en, répond le lion, on sait bien que c'est ta jiature de « beiser le moton ». - Et toi, renard, qui es si sage, si vaillant, et qui me parait si affligé, que te reproche-t-on ? — Un bomme s'est confessé à moi, je lui ai intligé une pénitence, et j'ai à répondre de cette transgression. — Ce n'est rien ou bien peu, dit le lion, car « ceo est vostre oftice penaunce doner après confession. » L'âne vient à son tour. — « Dy moy, sire Baudewyn, qe as tu fet '! Pourquoy tu es venu ci ? — Sire dist-il, pour Deux merci, un bouchée de sauge pris de un sauger, et par tant sui destreynt de venir ci. — Or a malhoure ! distleleon, deis tu manger le sauge ad prodhome ? Ortost, dit-il as sergeantz, primez soyL bien batuetpus escorchee. — Auxint est ore en siècle entre i)relatz et baillifs. Il esparnunt les pussantz e les doggetz, e défoulent les simples gentz sovent sanz reisonn ».
(Nicole Bozon, Contes moralises, 1U,A. T.)
V 63. — Selon que vous serez puissant ou misérable,
Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.
Les larronneauxon pend, appréhendez qu'ils sont; Et aux maistres voleurs la grâce est accordée : Dont l'on voit clairement comme nos juges font La loy du tout semblable aux toilles d'araignée, Ou soudain ar resté se voit le mouschillon, Mais la guespe ou le tan, les persant, en eschape. Le gros milan on laisse et prend on l'oisillon : Pardonnant au corbeau, la colombe on attrape.
(Michel Goyssard, Sommaire de la doctrine chré tienne, 248, édit. 1608.)
V. 41. — Celle-ci fit un choix qu'on n'nurait jamais cru Se trouvant à la fin tout aise et tout heureuse, De rencontrer un malotru .
Il semble que cette fable ait inspiré à La Bruyère la réflexion suivante : « Il y a un temps où les filles les plus riclies doivent prendre parti ; elles n'en laissent guère échapper les premières occasions sans se préparer un long repentir ».
{Caractères, III, des femmes.)
114 LKS FABLES