LES I-ABLES
Dain Regnart comme dévot hermite alloit cherchant son advanture par les villages.
(Guill. Tardif, Apol. de Laurent Vcdla, 178, Marchessoii.)
On remarcfnera que La Fontaine emploie les mêmes expressions. Lui qui disait :
J'en Us qui sont du nord et qui sont du midi, avait-il lu Guillaume Tardif?
DE LA KOMAIM-: 121
LA ^rOHT KT LE N[<)LUIANT (Vfll, 1).
Le fond de cette fable est dans un vieux fableau du XIII'' siècle intitulé « Du Vilain qià donne son âme au diable », pour avoir « deniers a bosselées et à grandes escuelées ». Le diable, comme il s'y était engagé, fait pleuvoir dans ses coffres l'or et l'argent; les honneurs même ne lui manquent pas, il devient esclievin, maire et seigneur de son pays. Dix ans se passent après lesquelles le Vilain veut remercier celui qui l'a fait si riche et si glorieux. « Reste près de moi, lui dit l'Ennemi, tu es déjà tout chenu, tu empires trop malement ». Mais ce n'est point là le compte du Vilain qui tient plus que jamais à la vie. Quatre fois, de dix en dix ans, selon la convention faite entre eux, le diable lui rappelle qu'il est temps de mourir, que sa vue décline, que ses jambes ne le portent plus, que son corps est tout courbé et ratatiné par la vieillesse. Le Vilain ne se souvient même jdIus des quatre « admonestemens », et il proteste encore quand le diable le saisit et l'emporte sur son dos au fond de l'enfer.
(FaMiauœ des XIII^ et X/F« siècles jjublics par Anatole de Montaiglon et Gaston Raynaud. t. VL 34, Jouaust.)
li-2 LES FABLES
V. 51. — La mort avait raison. Je voudrnis qu'à cet âge. On sortit de la vie ainsi que d'un banquet. Car de combien peut -on retarder le voyage ?
C'est pourquoi, dit Montaigne, « il fault souffrir doulcement les loix de notre condition : nous sommes pour vieillir, pour alFoiblir, pour estre malades, en despit de toute médecine. » Et il ajoute quelques lignes plus loin : « Veoyez un vieillard qui demande à Dieu qu'il luy maintienne sa santé entière et vigoreuse, c'est a dire qu'il le remette en jeunesse :
Stulte, quid hsec frustra A^otis puerilibus optas ? N'est-ce pas folie ? sa condition ne le porte pas ». iEs.'irfif;, III, 18.)