‹ Les fables de La FontaineChapitre 59 sur 79 · V. 60. — Le plus semblable aux morts meurt le plus à regret · texte numérisé non relu

V. 60. — Le plus semblable aux morts meurt le plus à regret

« Pout-ètre que vous penserez que la mort nous enlève tout, et qu'on se résout aisément de se détacher de ce qu'on va perdre. Ne vous trompez pas, chrétiens ; plutôt il faut craindre un effet contraire : car c'est le naturel du cœur humain de redoubler sesefforts pour retenir le bien qu'on lui ôte ».

fRossuet. Se/v}i.,21d, Rébelliaud.)

Montaigne exprime la même idée d'une façon pittoresque : « Il n'est homme si décrépite, tant qu'il veoid Mathusalemdevant,qui ne pense avoir encores vingt ans dans le corps ».

DR LA FO.NTAI.NF- \-i:\

V. 30. — Vieillard, lui dit la Mort, je ne t'ai point surpris. ., Kli ! ii'as-tu point cent ans ? trouve-moi dans Paris Di'ux mortels aussi vieu.x ; trouvf m'en dix i-n l'r.men.

O passage a été évidemment iiis})ii'é par celuici qui est de Montaigne :

« Pauvre fol que tu es, qui t'a estal)ly les termes de la vie?.... Par le commun train des choses tu vis pieça par faveur extraordinaire: tu as passé les termes accoutumez de vivre. Et qu'il soit ainsi, compte de tes cognoissants combien il en est mort avant ton aage plus qu'il n'en y a qui Tayent atteint ».

(Essais, I. 19.)

Page 1