‹ Les fables de La FontaineChapitre 71 sur 79 · LES POISSONS ET LE CORMORAN (X · texte numérisé non relu

LES POISSONS ET LE CORMORAN (X

Un vieux cormoran glacé par l'âge, (dit le fabuliste),

Souffroit une disette extrême.

Que fit-il ? Le besoin, docteur en stratagème,

Lui fournit celui-ci.

La réflexion du poète rappelle ce passage de

Perse.

Magister artis ingenique largitor Venter.

(Perse, Prologue.)

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l'enfouisseur et son compère (X, 4).

On lit dans Le grand Parangon des Nouvelles nouvelles par Nicolas de Troyes, une historiette assez longue qui se rapproche en tout point de la fable de La Fontaine. En voici à la fois le titre et le résumé : « De la finesse d'un curé qui avoit caché ses escus en son jardin et qu'ung cordonnier desroba, puis après les reporta ou il les avoit prins, cuydant en avoir plus largement, mais n'eut riens du tout», (p. 11, Bibl. elz.)

Un passage de cette nouvelle rend plus que probable la supposition que La Fontaine la connaissait : « Et ung jour entre les autres, après que le curé eut receu quelqu'argent, le cuyda porter avec l'autre, mais il n'y trouva que le nid ».

Au bout de quelque temps, l'homme va voir son or ; Il ne retroiwa que le gîte.

Dans la fable 20" du liv. IV, il emploie les expressions mêmes du vieux conteur :

Notre avare un beau jour ne trouva que le nid. Pincemaille (v. 1) n'est pas rare au XVP siè-

cle. « Nos composez, dit H. Estienne (PrécelL, 107, Feugèrej sont beaucoup plus signifiants que ceux des Grecs ; car nous disons pinsemaille, serredenier, etc » .

Voici un autre exemple de cet adj. composé, au féminin : « Il y avoit ici une femme de Corinthe, non avare, ne pincemaUle ».

(Ant. de Muret, Coméd. de Térence, 166 v% édit. 1583.)

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l'araignée et l'hirondelle (X, (i).

V. 5. — Progné me vient enlever les morceaux, Caracolant, frisant l'air et les eaux, etc.

Les éditeurs n'ont pas pensé à citer ce passage si pittoresque de Miclielet: « Ajoutez un large bec, toujours ouvert qui happe sanss'arrêter,auvol^ se ferme et se rouvre encore... Elle tourne, fait cent cercles, un dédale de figures incertaines, un labyrinthe de courbes, variées, qu'elle croise, recroise à l'infini, etc » . (L'Oiseau, 144, Hachette.)

Brunetto Latini, dans sa langue naïve, a peint aussi en quelques traits ce vol capricieux de l'hirondelle:

« Arondele est uns petiz oisiaus, mais ne volera ja droite voie, ains vole a voltes et a tor diversement, et sa viande prent tozjors envolant, non pas en estant». (Li Trésors, 216, Ghabaille.)

V. 26. — Jupiû pour chaque état mit deux tables au monde : L'adroit, le vigilant et le fort sont assis A la première, et les petits Mangent leur reste à la seconde .

N'est-ce pas cette réflexion sur les inégalités sociales qui a inspiré à Ghamfort cette boutade: «La société est composée de deux grandes classes: ceux qui ont plus de dîners que d'appétit, et ceux qui ont plus d'appétit que de dîners ».

(Maximes et loensées, 39, P. J. Stahl.)

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