‹ Les fabliauxChapitre 114 sur 257 · lievue critique, 4 décembre · texte numérisé non relu

lievue critique, 4 décembre

appliquer ces principes à tous ceux de nos fabliaux qui se retrouvent en Orient.

FABLIAUX qu'il NOUS FAUT ÉCARTER DE CETTE ENQUÊTE I LA HOUSSE PARTIE, LA BOURSE PLEINE DE SENS, LE DIT DES PERDRIX.

Deux de nos fabliaux, sous le titre de la Housse partie^ nous rapportent l'histoire universellement connue du fils ingrat qui, chassant son vieux père, est amené soudain au repentir par une action naïve de son propre fils. Au moment de chasser le vieillard, il consent à lui donner un manteau (ou une housse de cheval) pour qu'il en couvre ses membres nus. Son jeune enfant, qu'il a envoyé quérir la housse, la coupe en deux morceaux et n'en apporte qu'une moitié à l'aïeul. — « Pourquoi ? lui demande le père irrité. — C'est, répond l'enfant, que j'ai gardé l'autre moitié pour vous, quand vous serez vieux à votre tour. »

Nous avons conservé une soixantaine de versions de ce récit ^ et du conte similaire où un fils ingrat cache un chapon pour ne point le partager avec son père, vieux et pauvre. Quand l'importun vieillard est parti, il retire le plat de sa cachette : mais le chapon s'est transformé en une bête immonde, qui s'élance à son visage et s'y attache.

Toutes les variantes de ces deux contes sont européennes, sans exception. Félix Liebrecht- a pourtant cru pouvoir en rapprocher un apologue du recueil chinois des Avadànas^ dont on sait l'origine indienne et bouddhique. Le voici : « Un jour, le Dieu du Tonnerre voulait châtier un fils rebelle à ses parents. Celui-ci lui arrêta le bras et lui dit : Ne me frappez pas! Je vous demanderai, ajouta-t-il, si vous êtes le nouveau ou l'ancien Dieu du Tonnerre. — Qu'entendez-vous par là? demanda le Dieu. — Si vous êtes le nouveau Dieu du Tonnerre, je mérite d'être écrasé sur le champ. Mais si vous êtes l'ancien Dieu du

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