‹ Les fabliauxChapitre 122 sur 257 · Statu quo ante · texte numérisé non relu

Statu quo ante

C'est un conte arabe i, et, avec des divergences nombreuses, un conte de l'Inde musulmane ^.

por Fernan Cahallero, Madrid, 1877, p. 103. Los deseos. Personne, non pas môme Perrault ni Grimm, n'a conté notre récit avec autant d'agrément que la femme de grand talent qui signe du nom de Fernan Caballero. — Deux vieux époux très pauvres sont assis au coin du feu, et au lieu de rendre grâce à Dieu de ce peu qu'ils lui doivent, ils envient la pièce de terre de l'oncle Polainas, le mulet de l'oncle Polainas... Par la cheminée descend, toute mignonne, une très petite femme : c'est la Fée Fortunée. Elle accorde le premier souhait à la femme, le second au mari; quant au troisième, il devra être formé d'un commun accord par les deux époux, et la fée reviendra l'exaucer en personne. — Long débat du vieux et de la vieille, embarrassés de choisir. La conversation finit par tomber sur des matières indifférentes et sur les superbes morciilas des voisins. — C'est par distraction que la femme en souhaite une, et c'est par colère que le mari la lui suspend au nez. — Ici, un épisode plaisant. Le vieux voudrait bien employer mieux le troisième souhait; mais, on s'en souvient, la fée a imposé cette condition qu'il serait formé d'un commun accord par le mari et la femme réunis. Le vieux supplie donc sa compagne de se résigner à vivre avec son incommode appendice nasal. Riche, il lui fera faire un bel étui en or pour l'y enfermer. Comme son éloquence ne la persuade pas, il faut bien qu'il se résigne à demander, par son troisième souhait, le statu quo ante : la fée Fortunée vient le rétablir et tirer la morale de l'aventure.

1. Freytag, Arahuvi proverhia, I, 687. Je traduis du latin le texte assez court donné par Liebrecht, Orient und Occident, III, p. 378, à propos du conte 70 des Deutsche Mnhrchen de Simrock : « Le mari d'une femme juive, nommée Basusa, avait obtenu de Dieu le droit d'exprimer trois souhaits, qui seraient exaucés. Basusa lui arracha la grâce d'en former un elle-même, et obtint de devenir la plus belle femme du monde. Elle espérait ainsi quitter son mari, en se faisant enlever. Celui-ci, irrité, demanda qu'elle fût transformée en chienne. Mais ses fils le supplièrent de la rétablir en son état primitif, ce qu'ils obtinrent. »

2. C'est un conte recueilli à Châhdjihânpour, et que je trouve dans l'ouvrage intitulé : A fly on the wliel or hoiv I helped to govern India, by Lient. Col. H. Lew^in, Londres, 1885, p. 81. — C'est une forme très piquante, qui ne répond pas tout à fait à la définition du groupe E, et où s'exprime bien le fatalisme musulman. Sa Hautesse Moïse, passant à travers une jungle à l'heure de la prière, y voit un vieillard couvert d'une pauvre pièce d'étoffe, qui prie, tandis que sa femme et son fils, nus jusqu'à la ceinture, ont la partie inférieure du corps enfouie dans le sable. A ses questions les pauvres gens répondent qu'ils n'ont que ce seul haillon, dont ils se couvrent tous trois; mais, par décence, à l'heure de la prière, chacun d'eux successivement

e) 1. La femme demande des cheveux d'or et une brosse pour les brosser;

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