‹ Les fabliauxChapitre 128 sur 257 · Voici l'analyse de ces cinq versions · texte numérisé non relu

Voici l'analyse de ces cinq versions

Straparola : Long préambule sur les aventures des trois frères bossus, jusqu'au jour où l'un d'eux, Zambù, épouse à Rome la fille du marchand de drap, son patron, — Mauvais ménage que font les époux. — Zambù part

d) Enfin, dans les Bossus ménestrels, il s'agit aussi de la jeune femme d'un affreux bossu jaloux, qui héberge trois autres bossus ; mais ce ne sont plus ses beaux-frères ; ce sont des ménestrels qu'elle a fait venir pour se distraire. Le conte se poursuit tout comme dans la précédente version et c'est le mari lui-même qui va rejoindre dans la rivière les bossus ses confrères.

C'est le fabliau des Trois bossus ménestrels et le récit du Mischle Sandabar ^

pour Bologne, après avoir averti sa femme de se méfier de ses deux frères, qui lui ressemblent à s'y méprendre. Au retour imprévu du mari, ils sont cachés dans une auge « pour eschauder et plumer les pourceaux » ; la peur, la chaleur et l'odeur les tuent.

La farce française se résume ainsi : Scène I : Horace donne au niais Gratelard une lettre pour la femme du vieux bossu Trostole. — Se. II. Trostole, appelé au palais par une assignation, recommande en partant à sa femme de ne pas laisser entrer ses trois frères, bossus comme lui. — Se. III. Les trois frères bossus, affamés, viennent mendier et la femme les héberge par pitié. — Se. IV. Retour du mari. Les frères sont cachés, ivres. Trostole s'en va. — Se. V. Les bossus sont morts d'avoir trop bu. Gratelard les emporte à la rivière. — Se. VI. Retour de Trostole que Gratelard envoie rejoindre ses frères. — Se. VII. Gratelard vient chercher son salaire : « C'est fait! il m'a fallu m'y reprendre quatre fois. — Quatre fois? n'y aurait-il pas mon mari avec les autres? — Le dernier parlait, ma foi! » La femme épouse Horace. Trostole et ses trois frères reviennent et se battent.

La farce italienne, que je n'ai pas lue, doit se rattacher à ce type, puisqu'il s'y agit d'une « couvée de bossus ».

Contes nouveaux : Le récit est placé dans « une ville d'Asie », et l'on y parle de « cadis » et de « caravansérails » ; mais cette turquerie paraît être de l'imagination du conteur français. Il y a, comme dans Straparola, un long préambule sur les aventures antérieures des trois frères bossus. — Ceux-ci meurent d'avoir trop bu. — L'histoire se termine par une assez sotte invention : le bon calife Harouan-Arracchid, se promenant par les rues, fait relever par son vizir les filets tendus dans la rivière. Les trois bossus sont ainsi repêchés. Le mari revient à la vie, et le calife le tance pour sa fierté et sa dureté à l'égard de ses frères.

Le conte de Vals^ est très court et assez mal motivé. « Il était trois frères bossus, dont l'un aubergiste et marié. Un jour qu'il était absent, ses deux frères burent tant dans sa cave qu'ils en moururent. » On ne voit pas ici pourquoi la femme se débarrasse subrepticement de leurs cadavres.

1. Dans le fabliau, trois bossus ménestrels s'invitent le soir de la Noël chez leur jaloux confrère, qui les héberge volontiers, leur donne un bon dîner, et les renvoie avec vingt sous parisis pour chacun, à condition qu'ils ne remettront plus les pieds chez lui :

Car, s'il i estoient repris.

Il avroient un baing cruel De la froide eve du chanel.

La dame qui a entendu les bossus « chanter et solacier » profite du départ

Je résume ce classement de versions ^ par le tableau synoptique ci-contre.

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