Romania, t. X
mort) ; — cette troisième, qu'il est revêtu de vêtements merveilleux, invisibles pour lui seul, et le mari se promène par la ville, fier et nu [le nu) ;
Ou bien, elle quitte la maison pour quelques instants, un vendredi, à l'heure du repas, sous prétexte de faire cuire des poissons frais chez une voisine ; elle disparaît, et pendant une semaine entière, mène joyeuse vie loin de son mari qui la cherche en vain ; le vendredi suivant, à Theure du repas, elle se procure d'autres poissons frais, va trouver sa voisine, lui demande la permission de les faire cuire et les apporte tout chauds à son mari. Il la questionne : d'où vient-elle? Elle prétend qu'elle est sortie de la maison quelques minutes à peine, juste le temps d'apprêter les poissons. Son mari en doute? mais les poissons ne sont-ils pas tout frais? et la voisine ne vient-elle pas témoigner que l'innocente femme n'a passé chez elle que quelques instants? — Bonhomme, tu as rêvé! {les poissons) .
Ou bien, elle lui persuade par vme ruse subtile qu'il doit se faire édenter (la dent arrachée) ;
Ou encore , comme son mari est sorti , elle transforme sa maison, de concert avec quelques bons drôles, en une auberge; une enseigne pend à la porte, les buveurs sont attablés, le vin est versé, et quand le mari revient, il cherche en vain sa maison, d'où le chassent des taverniers improvisés iV auberge) ;
Ou encore, elle lui joue le bon tour du fabliau du Prêtre et de la Dame [Trois Vun sur Vautre)]
Ou celui du Prestre qui ahevete, bien connu par le Poirier enchanté de Boccace et de La Fontaine, etc., etc. ^
Comme chaque version de ce conte n'offre pas trois récits différents, mais qu'au contraire le même récit reparaît dans six versions différentes [l'auberge), voire dans onze versions [le moine) ou même dans treize [le mort) ; comme plusieurs versions ont en commun deux récits et parfois trois, il est constant que les diverses formes du conte sont unies par certaines relations de dépendance, dont on a tenté de découvrir la nature.
1. Chacune de ces nouvelles vit aussi sous forme indépendante, en dehors du cadre des Trois dames à l'anneau. J'indique à l'appendice II un certain nombre de parallèles pour celles qui se trouvent dans notre collection de fabliaux : le Prêtre et la dame — le Vilain de Bailleul — le Prestre qui abevete.
Si l'on peut déterminer ces rapports, c'est à condition de réunir le plus possible de matériaux.
Or Félix Liebrecht a recueilli et classé treize versions de notre conte; M. Giuseppe Rua en a retrouvé trois de plus; et je suis moi-même assez heureux (bonheur dont je fais peu de cas !) pour ajouter six autres formes aux collections de ces savants ^.
Soit 22 versions aujourd'hui connues, entre lesquelles se répartissent, apparaissant et disparaissant tour à tour, 19 nouvelles qui peuvent servir à un classement.
Ce classement était le but de mes savants devanciers. J'ai joint mes humbles efforts aux leurs. A quels résultats avons-nous abouti ?
11 ne sera pas long- de les rapporter.