l'i. l.î. 16, 17. 18, ID
Versions conservées
U mort
Le nu
fs poissons
i:aiil,er«e
La
deiilarrnchre
Trois lun sur /■autre
Larbre enchunle
La mataJie
La
cliundclle
Contes qui ne se trouvant chacun r/uc dans une seule des versions.
Altd. Erzâhliingen
Le moine (1)
Le mort (2)
Le
nu (3)
Hans Folz
Le moine (2)
Le mon (1)
Le
nu (3)
Conte norwégien
Le mort (1|
Le
nu|2)
Conte islandais
Le mort (2)
Le
nu(l)
Conte écossais
Le mort(l)
Le
nu (2)
L'homme qui n'est pas luimême |3|
Conte danois
Comptes du monde adventureux
Le moine (1)
Le mort (2) Le mort (3)
Le
nu (3)
Le chien do garde (1) La confession à un faux moine (2)
Verboijuet
Le moine (1|
Le mort (3)
La confession à un faux moine (3|
Fabliau anonyme
Le moine (2)
Les
poissons (1)
l-o mari qui cède sa femme (3|
Fabliau de Haisel
Le moine (2)
Les
poissons (1)
La c
handelle (3|
Liedersaal de Lassberg
Les
poissons (1)
La c
liandelle (3|
La sorcière (2)
DOuville
Le moine (3)
Le mort (1)
L'auberge (21
Tirso de Molina
Le moine (3;
Le mort (1|
L'auberge (2)
Cieco da Ferrara et Malespini
Le moine (3)
L'auberge (2)
La dent (1)
Jacques de Vitry
Le mort (1)
La dent (2)
Conte de Palerme
Le moine (3)
L'auberge (2|
La dent (1)
Conte de Cerda
Le moine + le mort (3)
L'auberge (2)
La dent (1)
Les poissons dans le sillon ili
Conte russe
Le mort (3)
JLa femme qu'on porte (2) ||
Sette Savi
L'auberge (3)
Trois l'un sur l'autre (1)
L'arbre (2/
La maladie (1 [bis]
Conte de Borghetto
Trois l'un sur l'autre (3)
L'arbre (1)
Lamaladie(2)
Conte de La Fontaine
L'arbre (2)
La ficelle (3)
La bourgeoise d'Orléans (U
Nouveaux contes à rire
Trois l'un sut l'autre (2)
L'arbre (1)
La
handelle |3)
et n'appelez pas science vos amusettes. — Mais non, vous recherchez les modes de la propagation des contes et vous prétendez déterminer, par méthode comparative, les lois de la migration et de la transformation de chacun d'eux. Alors, reconnaissez que votre méthode est impuissante. Ou bien, vous résignerez-vous à penser comme Faust, après son entretien avec Wagner : a Et dire que jamais Fespérance ne délaisse le cerveau qui s'attache à de si misérables bagatelles ! D'une main avide l'homme fouille le sol, espérant y découvrir des trésors, et le voilà satisfait s'il vient à trouver quelque ver de terre :
Glûcklich wenn er Regenwûrmer findet! »
Pourquoi, en vérité, des érudits de haute valeur, MM. Liebrecht et Rua, ont -ils accordé tant de sollicitude à ce conte? Pourquoi l'admirable auteur des Origines de V Epopée française^ M. Pio Rajna, a-t-il daigné s'en occuper, — s'ils devaient, les uns et les autres, y perdre leur temps? Le mien a peu de valeur, certes; je le regretterais pourtant, si je n'avais confiance de l'avoir employé, moi chétif, mieux que ces savants, car, ayant appliqué leurs méthodes, j'ai le courage de conclure qu'elles sont stériles.
Le jour même où ce conte à tiroirs, ou un autre quelconque, a été inventé, comprenant trois récits, a, />, c, ce conte, pourvu qu'il ait été raconté une seule fois, a pu prendre, dans la bouche du second narrateur, l'une des formes suivantes :
abc
abc abd, a de, ade, dbe, de f
Le 2^ nar- dbc dec Les3récits
rateur ré- Il rem- 2 des ré- primitifs
pète les 3 place par 1 cits primi- remplacés
récits pri- autre l'un tifs rem- par 3 au-
mitifs. des3 récits placés par très,
primitifs. 2 autres.
n-{-l combinaisons possibles, où l'une des 8 formes précédentes serait in complète.
n-\-i combinaisons possibles,
où l'une des 8 formes précédentes serait développée par l'adjonction de 1, 2, 3, n histoires nouvelles.
Supposons que le conte ait été inventé par le contemporain de Rhamsès II que nous imag-inions plus haut et qu'il Tait conté à deux de ses amis de Memphis, on peut établir, comme aussi vraisemblable et aussi indémontrable que toute autre, la filiation plaisante que voici :
Z'^'" conteur égyptien : a b c.
1*^^ auditeur égyptien ou 2^ conteur.
a b Qui conte les récits a /> à un Hébreu, qui les conte à un Persan, qui les conte à un Indieu, qui les conte à un Thibétain, etc.
D'où ils parviennent, par la suite des temps et grâce à la fidélité des conteurs successifs, à un conteur norwégien, et Asbjornsen les recueille.
2« auditeur égyptien ou 3^ conteur.
a d e Qui conte les récits a d e à un Phénicien, qui les conte à un Carthaginois, qui les conte à un Romain, qui les conte à un Gaulois, etc.
D'où ils parviennent, par la suite des temj3S et grâce à la fidélité des conteurs successifs, à l'Aveugle de Ferrare, qui les recueille dans le Mamhriano.
On le voit : le grand malheur a été d'appliquer aux contes la méthode de comparaison qui est bonne pour les légendes historiques ou pour ce qu'on pourrait appeler les contes ethniques. On saisit tous les fils d'une légende historique, ou presque tous, soit par les livres, grâce à la paresse d'esprit de ceux qui remanient des modèles écrits, ou grâce aux limitations historiques de cette légende. C'est ainsi qu'a pu être écrit ce livre admirable : V Histoire poétique de Charleniagne. On peut dater et localiser de même une légende hagiographique ou fantastique, dont les données sociales et morales ne conviennent qu'à certaines intelligences. Au contraire, pour la masse des contes populaires, posséderions-nous de chacun un million de variantes, nous pourrions les classer logiquement, jamais dans leur succession historique. — Il y a longtemps pourtant que le grand Jacob Grimm disait : « La légende marche pas à pas; le conte a des ailes ^ »