Gesammtahenteuer , I, p. CXXV
2. Gesammtabenteuer, I, XIII, Vromveii tviuwe. Le conte pubHé dans le Liedersaal de Lassberg, p. 117, ne diffère de celui des Gesammtahenteuer que par des vnriantes de forme.
une à la messe, belle entre toutes. Il la montre au bourgeois dont c'est précisément la femme. Le prudhomme est si confiant en elle qu'il offre pourtant l'hospitalité au chevalier. Mais lui, follement épris, refuse et poursuit de ses vaines obsessions la fidèle épouse.
Rebuté, il imagine de faire crier par la ville qu'il combattra, revêtu d'une simple chemise de soie, quiconque se présentera contre lui, armé de pied en cap. Il est frappé d'un coup de lance, dont le fer lui demeure dans le corps. Il veut le garder dans sa blessure : celle-là seule l'en arrachera, pour qui il a voulu être blessé. Bien des femmes se présentent, qu'il repousse ; seule, la bien-aimée ne A^ent pas.
C'est le mari lui-même qui, sachant le secret du blessé, force sa femme à le visiter. Elle s'y rend avec sa chambrière, et retire le fer. — A peine la blessure du chevalier s'est-elle refermée, qu'il ose s'introduire nuitamment dans la chambre des époux. La dame se lève pour reconduire ; mais il la serre si fort entre ses bras que sa blessure se rouvre et qu'il tombe mort. — On reconnaît en cette scène le conte de Girolamo et Salvestra, du Décaméron^, supérieurement imité par Alfred de Musset. — La femme a la force de rapporter le cadavre du chevalier jusqu'en sa chambre ; le lendemain, avec la permission de son mari, elle se rend à l'église où on ensevelit le mort :
Celui dont un baiser eût conservé la vie, Le voulant voir encore, elle s'en fut...
Ce cœur, si chaste et si sévère
Quand la fortune était prospère,
Tout à coup s'ouvrit au malheur.
A peine dans l'ég-lise entrée,
De compassion et d'horreur
Elle se sentit pénétrée.
Et son amour s'éveilla tout entier.
Le front baissé, de son manteau voilée,
Traversant la triste assemblée, Jusqu'à la bière il lui fallut aller.
Et là, sous le drap mortuaire
Si tôt qu'elle vit son ami.
Défaillante et poussant un cri,
Comme une sœur embrasse un frère,
Sur le cercueil elle tomba ■^...
1. Journée IV, nouv. 8. Voyez M. Landau, Quellen des Dekameron, p. 16L