LE PLUS ANCIEN FABLIAU CONSERVE : RICHEUT
Avant de commencer cette revue s^^stématique, considérons à part le poème de Richeut. Il peut être curieux d'interroger cet ancêtre vénérable, — vénérable par sa date seulement, — de nos fabliaux -.
Sans doute, quand il fut rimé (1159), on redisait en France, depuis des siècles déjà, des contes plaisants. Sans revenir sur l'antique recueil de Marie de France analysé plus haut ^^ rappelons que, très anciennement, les Sommes de Pénitence enregistrèrent, au nombre des péchés à punir, le goût de nos ancêtres pour les histoires grasses. Dès le yiu^ et le ix^ siècle, le Pœnitentiale Ecfherti [\ 76G), les Capitula ad presbyteros d'Hincmar (^ 882) interdisent aux chrétiens de prendre plaisir à ces vilaines historiettes {fabulis otiosis studere^ fabulas inanes
1. Nous réservons quelques contes do notre collection : nous leur forons, au chapitre XII, la place large, honorable, qu'ils mcrilent.