MR, V
gardée ^ . — Elles savent découvrir pour leurs amants les retraites les plus imprévues : elles les mussent dans un escrin -^ sous un cuvier, et font crier « au feu ! » par un ribaud, dès que le mari s'approche de la cachette '^. — Surprises en flagrant délit, elles savent engignier leur vilain, soit par le spirituel stratagème de la Bourgeoise cFOrléans, ou par le tour vraiment extraordinaire du Prestre qui ahevete^, leur persuader, comme la commère des Tresses ^, comme la dame du Chevalier à la robe vermeille ^, qu'ils ont rêvé, qu'ils sont enfantosmés. — Un mari entre soudain, et le galant a le temps, à grand'peine, de se cacher derrière le lit : « Sire, demande la dame à son époux, si vous aviez trouvé un homme céans, qu'auriez-vous fait? — De cette épée, je lui aurais tranché la tête ! — Bah ! réplique-t-elle en faisant grant risée ^ je vous en aurais bien empêché : car je vous aurais jeté ce peliçon autour de la tête, comme pour jouer, et il se serait enfui ! » Elle joint l'action à la parole , pendant que l'amant s'évade en effet, et elle crie à son époux qui rit, tout empêtré sous le peliçon : « Le voilà échappé ! courez après, car il s'en va ! » — Le tour, dit le poète, fut « biaus et grascieus '^ ». — Un mari s'aperçoit qu'il a revêtu, s'habillant à tâtons, des braies qui ne sont point les siennes. Il rentre chez lui, furieux; ce sont, lui explique sa femme, les braies de Monseigneur saint François, qu'elle avait mises sur son lit, car c'est un bon talisman pour avoir des enfants. Le bonhomme rapporte avec componction au couvent des Cordeliers la précieuse relique ^.
Certes, gardons-nous d'exagérer la signification historique et