MR, I
...par les cheveus la prent, A la terre la rue encline ; Tant la bat d'un baston d'espine Qu'il l'a laissiée presque morte.
Tote pasmée el lit la porte ; Iluec fu ele bien trois mois \
D'où cette moralité, qui convient à tant de fabliaux :
Beneoit de Damedeu soient
Qui leur maies dames chastoient !
Teus est de cest fablel la somme.
Mais les coups ne suffisent pas, car leurs vices sont vices de nature. Les femmes sont essentiellement perverses : contredisantes, obstinées. Lâches, elles sont hardies au mal, capables de vengeances froides, où elles s'ex})osent elles-mêmes au besoin [les deux Changeurs, la Dame qui se vengea du chevalier). — Elles sont curieuses du crime (le Févre de Creeil -) ; affolées du besoin de jouir, comme la hideuse matrone d'Ephèse du xiii^ siècle^; insatiables, c'est l'une d'elles qui le dit dans sa répugnante confession à son mari déguisé en moine. Elles sont la ruse incarnée :
Par lor engin sont decëu Li sage, dès le tens Abel ^%
Aristote, Salomon, Hippocrate, Constantin. A quoi bon lutter avec elles? « Moût set femme de renardise ^... » Les surveiller? (( Fols est qui femme espie et guette ^. )) Ruser avec elles ? C'est (( faire folie et orgueil '' ». Il serait plus aisé de « décevoir l'Ennemi, le diable, en champ clos ^ ». La moralité de tous ces fabliaux s'exprime à merveille en ces vers brutaux et vilains :
Enseignier voil par ceste fable Que famé set plus que deiable ; De ma fable faz tel defin Que chascuns se gart de la soe, Qu'ele ne li face la coe...