MR, III
Le meilleur procédé est encore celui de Sire Hain : « battezleur et les os et l'eschine. »
Faut-il joindre, à cette honteuse galerie, les Macettes du xiii'^ siècle, de Richeut à Auberée, la vieille truande énamourée i, la nourrice du conte de la Grue ^, la duègne du Chevalier à la corbeille 3, Hersent, « marrugliere » du moûtier, qui rend ses bons offices (( à tous les bons chanoines, à tous les bons reclus » d'Orléans ^, — ou plus bas encore, les « meschinettes de vie », Mabile, Alison^?
Tous ces fabliaux respirent le même outrageant mépris. M. Brunetière dit fortement : <( Les femmes, dans le monde bourgeois du moyen âge, semblent avoir courbé la tête aussi bas qu'en aucun temps et qu'en aucun lieu de la terre, sous la loi de la force et de la brutalité... Ni la mère, ni l'épouse, ni la sœur n'ont place dans cette épopée populaire. Une telle conception de la femme est le déshonneur d'une littérature ^. »
FABLIAUX OBSCENES
Encore avons-nous réservé les contes les plus durs aux femmes. Encore n'avons-nous pas descendu jusqu'au fond cette spirale honteuse. 11 reste comme un dernier cercle secret, où nous ne pénétrerons pas. De loin, on y voit grouiller, comme des bêtes immondes, les contes obscènes. Certes, en quelques-uns, brille encore une vague lueur d'esprit et de gaieté"''. — Mais, le plus souvent, ils sont si insolemment brutaux et répugnants que nous n'avons le choix qu'entre la scatologie et le priapisme. Les lois des justes proportions voudraient que l'on en traitât ici aussi longuement que des autres séries de contes : car ils ne forment pas la catégorie la moins nombreuse ni la moins bien accueillie