Le Prêtre au lardier, II
Un autre encore est jeté dans un piège à loups ^ ; un autre dans une cuve pleine de teinture, où il se plonge tout entier, corps et tète ; quand il en sort,
Il est plus teint et plus vermeil Qu'au matinet n'est le soleil ^.
Trois prêtres ont été attirés dans un guet-apens. Surpris, ils se cachent dans un four : le mari fait choir la clef de voûte, les écrase, fait jeter les cadavres dans une marnière ^. Dans un autre fabliau, il les assomme tous trois à coups de massue et le poète recommence par trois fois, avec une minutie joyeuse, la description des coups qu'il donne à chacun, si bien que « li sans et la cervelle en vole ^. » — Un moine a été tué dans une équipée nocturne : le conteur développe avec délices la lugubre odyssée de son cadavre qu'il promène toute la nuit, tantôt jusqu'à un tas de fumier, tantôt au fond du sac d'un voleur, ou sur le lit de l'abbé, pour le hisser finalement sur un poulain, l'écu au bras, le heaume en tête... Ce fabliau macabre, cinq jongleurs l'ont remanié en cinq poèmes distincts, dont le plus court a 445 vers, et le plus long H 64 : et si nous comptons les vers de ces cinq fabliaux, nous arrivons au total énorme de 1.144 vers ^''. — Voici enfin Connehert^, le plus violent de ces contes. Un forgeron outragé a cloué un prêtre à son enclume. Gomme il résiste, il lui dit :
En charité, dans prostrés fous,
Se vous i faites cri ne noise.
Je n'i querrai baston ne boise.
Que je orendroit ne vous fire,
Por la cervele desconfire,
De cest martel ou de mes mains!...
Puis il met le feu à la forge et laisse le prêtre attaché à l'enclume, un rasoir à la main. Quand le feu l'atteint, il est