MR, IV, 89, V, 123, V, 136, VI, 150 et 150 bis
6. V, 128. Comparez aussi le Prêtre crucifié, qu'il est impossible d'analyser. >
obligé, pour s'échapper, de se mutiler. Le conte se termine par ce cri de vengeance :
Car fuissent or si atorné Tuit li prestre de mère né, Qui sacrement de mariage ïornent a honte et a putage!
Il ne s'agit plus, on le voit, de malices, de sous-entendus goguenards, familiers aux conteurs légers, — mais de véritables haines.
Si outrées qu'elles puissent être, on est parfois tenté de s'en réjouir et de crier au poète : Oui, indigne-toi, fût-ce injustement. Laisse là cette indifférence railleuse, satisfaite ! assez de ces gaillardises complaisantes, amusées! Un joeu de colère, de satire : là, du moins, il y a quelque noblesse !
Au terme de cette revue, on voit saillir, sans qu'il soit besoin d'une longue synthèse, les traits qui réunissent les fabliaux par une sorte d'air de famille.
L'esprit qui anime cette masse est fait de bon sens frondeur, gai, d'une intelligence réelle de la vie courante du monde, d'un sens très exact du positif. Pas de naïveté, mais un tour ironique de niaiserie maligne; ni de colère, ni, d'ordinaire, de satire qui porte; mais la dérision amusée, la croyance, commune à tous au moyen âge, que rien ici-bas ne doit ni ne peut changer, et que l'ordre établi, immuable, est le bon ; l'optimisme, la joie de vivre, un réalisme sans amertume.
L'examen du style des fabliaux achèvera de mettre en relief tous ces traits.