Renaît, éd. Martin, I, p
2. V. les nombreuses allusions qui témoignent de la grande popularité de ce poème burlesque, réunies par M. P. Meyer. Romania, YII, 450, note.
les plus jolis contes de Renart. Enfin, Ton y trouverait aussi, pour satisfaire ses plus hautes aspirations métaphysiques, le Roman de la Rose, car la capacité de son esprit se hausserait jusqu'à goûter la science universitaire de Jehan de Meung, où il se plairait à retrouver l'esprit des fabliaux, i3esamment armé de dialectique. Enfin, il réserverait même une place à la charmante chante-fable d'^i/ca^sm et Nicolette : c'est en cette grêle, spirituelle et ironique figurine de Nicolette que s'incarnerait son plus haut idéal et son plus noble rêve.
Telle est l'une des faces de la poésie du xiii*^ siècle; voici l'autre.
Peut-être se souvient-on que, dans notre revue des fabliaux, nous en avons réservé quelques-uns. On rencontre, en effet, dans nos recueils, entre le Porcelet et le fabliau de la Dame qui servait cent chevaliers de tout point, quelques récits d'une plus noble essence. Le type en est le conte du Chevalier au chainse^ que nous connaissons déjà. Tels encore Guillaume au faucon ^. le Chevalier qui recouvra V amour de sa dame ~, le Vair palefroi qui est écrit
Pour remembrer et pour retraire Les biens qu'on puet de femme traire, Et la douçor et la franchise 3...
Ici nous sommes transportés dans un tout autre monde, et ces contes, imprégnés de la plus exquise sentimentalité, s'étonnent de se rencontrer en pareille compagnie. On a eu raison de les y laisser pourtant, tout isolés qu'ils s'y trouvent,