‹ Les fabliauxChapitre 194 sur 257 · II · texte numérisé non relu

II

quelque plaisante moralité, il interpelle son public de ce nom : « Seigneurs ^ ! » Malheureusement, ce titre ne nous renseigne point : il n'est, comme on sait, qu'une formule commune de politesse, indiiréremment applicable à des nobles ou à des bourgeois. Voici, par contre, quelques vers plus explicites, où le jongleur emploie des apj)ellations qui ne sauraient, en aucun cas, s'adresser à des non-nobles :

Cis fabliaus dit, seignor baron -...

Seignor, valiez et damoisel, Soviegne vos de cest fablel •^...

Ce sont risées pour csbattre

Les j'ois, les princes et les contes ''...

Por une haute cort servir 'K.,

On tient le ménestrel a sage De fere biaus dis et biaus contes Qu'on dit devant dus, devant contes ^.

Ailleurs encore :

Cil qui sevent de jonglerie Violent par devant le conte :

Aucun i a fabliaus conte. Ou il ot mainte gaberie '.

Nous savons que l'art de dire des contes était fort apprécié chez les grands seigneurs. C'est par ce tale'nt que Gautier d'Aupais, qui sert comme guetteur et sonneur de trompe aux créneaux d'un donjon, parvient à se rapprocher de la lîlle du châte-

Seignor, oiez un nouveau conte.

Seignor, volez que je vos die?...

Seignor, se vos volez atendre Et un seul petitet entendre...

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